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D E

JU V É NAL,

Decimo Junina Jarrenalis

TRADUITES

PAR J. DUSAUL X.

Quatrième édition, revue, corrigée et augmentée de

l'éloge historique de DUSAULX, par M. Villeterque,
Membre associé de l'Institut National.

Τ Ο Μ Ε Ι.

VESTRA RES AGITUR.

DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET.

A PARIS,

Chez MERLIN, Libraire , rue du Hurepoix, no 13.

AN XI-

18 o 3.

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A LA MÉMOIRE

DE J. DUSAULX,

Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles

Lettres, et de l'Institut National de France.

On vante ses écrits; je dirai qu'il fut bon.

L'HOMMAGE dû à la vérité fut trop souvent un tribut payé au mensonge; et c'est ainsi que la louange perd sa puissance, en perdant sa justice. L'émulation qu'elle peut faire naître, n'a plus alors l'autorité des exemples qu'elle doit offrir à la vertu dont ils deviennent les modèles, et au vice dont ils sont le châtiment.

Il ne suffit pas de quelques heures consacrées au bien, pour obtenir les honneurs de la louange méritée par une longue carrière exempte de blâme. Chaque jour de la vie doit être une page de l'éloge qui l'attend, ou cet éloge n'est plus que l'inévitable satire de l'homme qui le reçoit, et la honte de celui qui le fait.

In s'emparant de ce moyen si puissant de l'opinion générale sur les volontés particulières, en le flétrissant par l'adulation, les hommes qui craignent la censure, sont parvenus à faire redouter la louange à ceux même dont toute la vie atteste le desir de s'en rendre dignes:ils pourroient dire, quoique dans un sens opposé, comme Philippe à qui l'on proposoit de détruire Athènes : Et par qui serons-nous loués !

On anéantiroit bientôt les illusions sublimes de la louange publique, par les basses flagorneries de l'intérêt ou de la crainte, dont tant d'éloges sont des monumens ignominieux, si les hommages offerts à la mémoire des hommes de bien, ne rendoient quelquefois à l'éloge, l'éclat simple et durable de la vérité. Ceux qui n'ont été que puisşans meurent; ils sont oubliés, même à l'instant où ils sont loués avec le plus d'ostentation par leurs lâches panegyristes. Que d'oraisons funèbres dont il ne resteroit rien, si l'on en déchiroit toutes les pages qui ne s'adressent qu'aux vivans!

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