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Autre réminiscence d'Horace, qui dit,

V. 91. Plorabit, etc. Art poét., vers 102 :

Si vis me flere , dolendum est
Primum ipsi tibi.

V. 93. Berecynthius Attin.-Ce vers et les deux suivants, ainsi que les quatre vers cités plus loin, sont généralement attribués à Néron. D'après un passage de Dion Cassius, on peut croire que cet empereur composa, et même chanta publiqueinent, un petit poëme intitulé Atlis ou les Bacchantes.

V. 96. Arma virum. - C'est le début de l'Énéide.

V. 99. Torva Mimalloneis , etc. Ces quatre vers sont de Néron. Ils faisaient partie de quelque pièce sur la mort de Penthée. Bacchus, irrité contre Penthée, roi de Thèbes, qui avait méprisé son culte, troubla la raison d'Ægiale, mère de ce prince. Celle-ci, dans sa fureur, le poursuivit avec les femmes thébaines, et lui coupa la tête, le prenant pour un veau. - Mænas. Les Ménades étaient appelées Mimallones , du mot Mimas, nom d'une montagne de l'Asie Mineure. Evion, surnom de Bacchus.

V. 105. Altin. Atys, l'amant de Cybèle, que cette déesse fit mettre en pièces par les Ménades.

V. 109. Sonat hic de nare canina Littera... - Mot à mot, résonne la lettre canine (I'r dont les chiens expriment le son lorsqu'ils grondent). Peut-être cette expression n'est-elle qu'une inétaphore hardie, pour dire qu'on sera mal reçu et repoussé par des blasphèmes. Néanmoins, il paraît plus naturel de rapporter ce grondement colère aux chiens qui gardent le seuil des grands, ou plutôt au portier (janitor) qui veillait enchaîné à sa porte, comme un véritable chien, et qui avait ordre de renvoyer telle ou telle personne avec des injures.

V. 112. Veto quisquam faxit oletum. Tout ce passage de Perse s'applique évidemment aux æuvres de Néron lui-même.

V. 113. Pinge duos angues, etc. Chez les Romains, on peignait des serpents sur les murailles des temples, pour avertir que le lieu était sacré, et le préserver des immondices et des ordures.

V. 115. Te, Lupe, te , Muti. Mutius et Lupus étaient deux personnages très-puissants, que le poëte Lucile n'a pas craint d'attaquer dans ses satires.

V. 119. Nec cum scrobe?- Allusion au barbier du roi Midas. Ce barbier, ayant découvert que son maître avait des oreilles d'ane, et n'osant confier ce secret à personne, fit un trou dans la terre, et lui conta tout bas l'aventure du roi Midas. Mais les roseaux , agités par le vent, répètent la confidence du barbier, et font savoir partout que le roi Midas a des oreilles d'âne.

V. 121. Auriculas asini Mida rex habet. Presque tous les manuscrits portent quis non, au lieu de Mida rex. Cornutus, le maître et l'ami de Perse, lui avait conseillé cette prudente correction. L'ombrageux et cruel empereur aurait-il pu ne point se reconnaître dans ce roi Midas ?

V. 123. Cratino, etc. – Cratinus , Eupolis et Aristophane, les trois représentants de la vieille comédie.

V. 130. Areti ædilis. Ville de Toscane. L'édilité était la plus humble des magistratures.

V. 131. Secto in pulvere metas. – Les mathématiciens traçaient leurs calculs sur le sable.

V. 133. Si cynico barbam, etc. La courtisane Laïs se faisait un amusement d'arracher la barbe à Diogène. C'était le dernier des affronts.

V. 134. His mane edictum. — Perse veut dire que de pareilles gens ne sont bons qu'à consacrer le matin aux affaires d'intérêt , et le soir à la débauche.

SATIRE II.

Juvénal, dans sa dixième satire, les Vaux , a traité le même sujet que Perse, avec plus d'éloquence et d'éclat, mais avec moins de profondeur peut-être.

V. 1. Hunc , Macrine , diem , etc. Ce Macrinus était un homme sage et instruit, ami de Perse. Meliore lapillo. Les Thraces sont les premiers qui aient marqué les jours heureux avec des cailloux blancs, les jours malheureux avec des cailloux noirs. Les Grecs d'abord, puis les Crétois, puis les Romains, leur empruntèrent cet usage.

Les anciens célébraient l'anniversaire de leur naissance avec beaucoup d'appareil.

V. 3. Funde merum Genio. L'antiquité païenne croyait que chaque homme avait un Génie particulier qui présidait à sa naissance, veillait à sa conservation, et l'exhortait à jouir de la vie.

Cette divinité était représentée sous la figure d'un jeune homme tenant d'une main une corne d'abondance, et de l'autre un vase. C'était sur la tête de cette image qu'on faisait les libations. V. 12. Hercule!

Hercule présidait aux trésors cachés. Ce passage est imité d'Horace. Voy. liv. II, satire vi, vers 10 et suiv.

V. 15. Tiberino in gurgite. Ces ablutions, encore en usage aujourd'hui dans tout l'Orient, remontent à la plus haute antiquité.

On croyait, par ce moyen, se puritier de toutes les souillures. Jue vénal a dit comme Perse :

Ter matutino Tiberi mergetur.

Sat. VI, v. 523.

Le nombre de ces ablutions était ordinairement de trois.

V. 19. Staio. — Ce Staius était un juge prévaricateur, fameux par ses scélératesses.

V. 26. Ergenna. C'est le nom d'un prêtre toscan.

V. 27. Bidental. On appelait bidental un lieu où le tonnerre était tombé. On purifiait ce lieu en y sacrifiant une brebis de deux ans, bidens , qui le rendait vénérable comme les bois consacrés aux dieux.

Si un homme avait été foudroyé, on enterrait son cadavre, au lieu de le brûler, suivant l'usage.

V. 31. Ecce avia , etc. - C'était toujours l'aïeule ou la tante maternelle qui se chargeait de purifier l'enfant nouveau-né, en lui frottant le front et les lèvres de salive, avec le doigt du milieu.

V. 34. Urentes oculos. On croyait généralement que le reord d'un envieux pouvait ensorceler. Urentes oculos est ce qu'on appelle encore aujourd'hui le mauvais cil.

Virgile a dit, dans sa troisième églogue :

Nescio quis teneros oculus mihi fascinat agnos.

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V. 40. Albata rogarit! Les anciens pensaient que la couleur blanche était la plus agréable aux dieux : aussi avaient-ils coutume de s'habiller de blanc pour sacrifier.

V. 44. Mercurium. Mercure, dieu du gain.

V. 56. Fratres ahenos. Casaubon pense qu'il faut voir dans ces freres de bronze les cinquante fils d'Égyptus, dont les statues équestres décoraient le portique du temple d'Apollon Palatin, avec celles des Danaides. Quelques-unes de ces statues passaient pour envoyer des songes favorables et véridiques.

V. 70. Veneri donatæ. Les jeunes filles, parvenues à l'âge de puberté, consacraient leurs poupées à Vénus, dans l'espoir d'obtenir un heureux mariage.

V. 72 Messalæ. Ce fils du grand Messala était Messalinus Cotta, que Pline cite comme un des plus fameux gourmands.

V. 75. Farre litabo. - C'était un gâteau de blé ou d'orge grillée, qu'on assaisonnait de sel.

SATIRE III.

Cette satire est un dialogue entre un gouverneur et son élève. A l'époque où elle fut écrite, le stoicisme jouissait d'une grande vogue à Rome. Tous les fils de famille étaient élevés par des maîtres de cette école, et Sénèque, le plus célèbre d'entre eux, faisait l'éducation du jeune empereur. Ce n'est donc pas sans vraisemblance qu'on a conjecturé que les deux interlocuteurs de celte satire pourraient bien être Sénèque et Néron lui-même.

V. 4. Quinta dum linea. — Il s'agit du cadran solaire. A Rome, le jour se partageait en six heures avant midi, et six heures après midi : la cinquième beure, dont il est question dans ce vers, répond à nos onze heures du matin.

V. 10. Jam liber, et bicolor, etc. Ce vers et les quatre suivants sont fort curieux pour l'histoire de l'écriture. Bicolor positis membrana capillis, est le parchemin dont les poils ont été raclés : le côté où l'on écrit est blanc, l'autre est jaunâtre. — Nodosa arundo. Les anciens employaient pour écrire un roseau, en guise de plume. — Sepia. Cette encre s'appelle encore chez nous sepia, du nom de l'araignée de mer, dont le sang est noir.

V. 28. Stemmate quod Tusco, etc. Les plus anciennes familles de Rome se vantaient de remonter jusqu'aux Toscans. Cette noblesse était la plus estimée.

V. 39. Anne magis Siculi, etc. C'est le taureau de Phalaris.

V. 40. Et magis auratis pendens, etc. – Allusion à l'épée de Damoclès.

Ce vers et le suivant ont une grande analogie avec ce passage d'Horace (liv. III, ode 1):

Districtus ensis cui super impia

Cervice pendet.... V. 45. Grandia si nollem, etc. Les rhéteurs faisaient composer des amplifications à leurs disciples.

V. 48. Dexter senio. Le coup de six , autrement nommé le coup de Vénus, était le plus favorable au joueur; l'as ou le coup du chien était le plus funeste.

V. 50. Angustæ collo, etc. Les enfants s'exerçaient à jeter des noix dans un vase étroit d'embouchure.

V. 52. Haud tibi inexpertum. - Comment ne pas reconnaître ici Néron, que Sénèque instruisait dans la doctrine du stoïcisme?

V. 54. Porticus, - Zénon, chef du stoïcisme, donnait ses le

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cons sous le Portique d'Athènes, où le fameux Polygnotte avait peint les victoires de Thémistocle sur les Mèdes.

Ce portique existait encore du temps d'Honorius et d'Arcadius : il fut renversé par un proconsul d'Achaïe.

V. 55. Invigilat. - Les disciples du Portique étaient souinis aux plus rudes epreuves.

V. 56. Samios diduxit littera ramos. Cette lettre emblé. matique de Pythagore était l'Y grec. Le jambaye droit, qui, dans l'écriture grecque, est roide et élevé, désignait la vertu; le gauche, qui est incliné, marquait le vice.

Servius, dans sa note sur le vers 136 du sixième livre de l'Énéide, fournit la meilleure explication de ce passage.

V. 65. Cratero. — Cratérus, célèbre médecin du temps d'Auguste.

V. 68. Aut metæ quam mollis flexus. — Perse compare la vie à un bippodrome, au bout duquel s'elève une borne que les chars doivent doubler pour revenir au point du départ. Ces comparai. sons de la vie avec la course des chars dans l'hippodrome sont très-familières aux anciens.

V. 74. Pinguibus Umbris. - L'Ombrie, aujourd'hui ducbé de Spolette, est un pays marécageux et très-fertile.

V. 77. Gente hircosa centurionum. Perse fait des centurions un type de brutalité stupide et de malpropreté révoltante. Il les appelle varicosi, ingentes, hircosi ( sentant le bouc). Juvemul ne les traite pas mieux dans sa cinquième satire, v. 155.

V. 79. Arcesilas, etc. - Philosophe de la secte académique : il soutint contre Zénon la doctrine du scepticisme.

V. 81. Rabiosa silentia rodunt. – Ce vers se retrouve presque textuellement dans une épigramme attribuée à Virgile. La voici :

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Multi quoque talia commeditantes,
Murmure confuso rabiosa silentia rodunt.

V. 84. De nihilo nihil. Axiome fondamental de la physique ancienne.

V. 88. Inspice. La liaison des idées est assez difficile à sai. sir au premier coup d'ail. C'est un dialogue qui s'établit ici entre un malade et son médecin. Le malade néglige les conseils de la médecine, et meurt victime de son intempérance.

V. 93. Surrentina. - Le vieux vin de Surrente était fort estimé.

V. 98. Turgidus hic epulis , etc. – On faisait à Rome un usage

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