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NOTES TO THE TWO FOSCARI.

Note 1, page 59, line 14.

Of that malady etc.
The calenture.

Note 2, page 59, line 19.

That melody, etc.
Alluding to the Swiss air and its effects.

Note 3, page 92, line 27.
«There often has been question about you.»

An historical fact.

Note 4, page 119, line 5. L'ha pagata? An historical fact. See the History of Venice, by P. Daru, page 401, vol. II.

APPENDIX.

Extrait de l'Histoire de la République de Venise, par P. Daru,

de l'Académie Française. Tome II.

Depuis trente ans, la république n'avait pas déposé les armes. Elle avait acquis les provinces de Brescia, de Bergame, de Crême, et la principauté de Ravenne.

Mais ces guerres continuelles faisaient beaucoup de malheureux et de mécontents. Le Doge François Foscari, à qui on ne pouvait pardonner d'en avoir été le promoteur, manifesta une seconde fois, en 1442, et probablement avec plus de sincérité que la première, l'intention d'abdiquer sa dignité. Le conseil s’ý refusa encore. On avait exigé de lui le serment de ne plus quitter le dogat. Il était déja avancé dans la vieillesse, conservant cependant beaucoup de force de tête et de caractère, et jouissant de la gloire d'avoir vu la république étendre au loin les limites de ses domaines pendant son administration.

Au milieu de ses prospérités, de grands chagrins vinrent mettre à l'épreuve la fermeté de son aine.

Son fils, Jacques Foscari, fut accusé, eni 1445, d'avoir reçu des présents de quelques princes ou seigneurs étrangers, notamment, disail-on, du duc de Milan, Philippe Visconti. C'était non seulement une bassesse, mais une infraction des lois positives de la république.

Le Conseil des Dix traita cette affaire comme s'il se fût agi d'un délit commis par un particulier obscur. L'accusé fut amené devant ses juges, devant le Doge, qui ne crut pas pouvoir s'abstenir de présider le tribunal. Là, il fut interrogé, appliqué à la question,' déclaré coupable, et il entendit, de la bouche de son père, l'arrêt qui le condamnait à un bannissement perpétuel, et le reléguait à Naples de Romanie, pour y finir ses jours.

Embarqué sur une galère pour se rendre au lieu de son exil, il tomba malade à Trieste. Les sollicitations du Doge obtinrent, non sans difficulté, qu'on lui assignât une autre résidence. Enfin le Conseil des Dix lui permit de se retirer à Trévise, en lui imposant l'obligation d'y rester sous peine de mort, et de se présenter tous les jours devant le gouverneur.

Il y était depuis cinq ans, lorsqu'un des chefs du Conseil des Dix fut assassiné. Les soupçons se portèrent sur lui: un de ses domestiques, qu'on avait vu à Venise, fut arrêté et subit la torture. Les bourreaux ne purent lui arracher aucun aveu. Ce terrible tribunal se fit amener le maître, le soumit aux mêmes épreuves; il résista à tous les tourments, ne cessant d'attester son innocence, mais on ne vit dans cette constance que de l'obstination; de ce qu'il taisait le fait, on conclut que ce fait existait; on attribua sa fermeté à la magie, et on le relégua å la Canée. De cette terre lointaine, le banni, digne alors de quelque pitié, ne cessait d'écrire à son père, à ses amis, pour obtenir quelque

"E datagli la corda per avere da lui la verità; chiamato il consiglio de dieci colla giunta, nel quale fù messer lo Doge, fù sentenziato. MARIN SANUTO, Vite de' Duchi, F. Foscari.

? E fù tormentato nè mai confessò cosa alcuna, pure parve al consiglio de’ dieci di confinarlo in vita alla Canea (Ibid.) Voici le texte du jugement : «Cum Jacobus Foscari per occasionem percussionis et mortis Hermolai Donati fuit retentus et examinatus, et propter significationes, testificationcs, et scripturas quæ habentur contra eum, clare apparet ipsum esse reum criminis prædicu, sed propter incantationes et verba quæ sibi reperta sunt, de quibus existit indictia manifesta, videtur propter obstinatam mentem suam, non esse possibile extrahere ab ipso illam veritatem, quæ clara est per scripturas et per testificationes, quoniam in fune aliquam nec vocem, nec gemitum, sed solum intra dentes voces ipse videtur et auditur infra se loqui, etc.... Tamen non est standum in istis terminis, propter honorem staùs nostri et pro multis respecubus, præsertim quod regimen nostrum occupatur in hac re et qui interdictum est amplius progredere : vadit pars quod dictus Jacobus Foscari, propter ea quæ habentur de illo, mittatur in confinium in civitate Caneæ, etc. Notice sur le procès de Jacques Foscari, dans un volume intitulé : « Raccolta di memorie storiche e annedote per formar la Storia dell'eccellentissimo consiglio di X della sua prima instituzione sino a' giorni nostri, con le diverse variazioni e riforme nelle varie epoche successe. Archives de Venise.

adoucissement à sa déportation. N'obtenant rien, et sachant que la terrear qu'inspirait le Conseil des Dix ne lui permettait pas d'espérer de trouver dans Venise une seule voix qui s'élevåt en sa faveur, il fit une lettre pour le nouveau duc de Milan, par laquelle, au nom des bons offices que Sforce avait reçus du chef de la république, il implorait son intervention en faveur d'un innocent, du fils du Doge.

Cette lettre, selon quelques historiens, fut confiée à un marchand, qui avai! promis de la faire parvenir au Duc, mais qui, trop averti de ce qu'il avait à craindre en se rendant l'intermédiaire d'une pareille correspondance, se hâta, en débarquant à Venise, de la remettre au chef du tribunal. Une autre version, qui paraît plus sûre, rapporte que la lettre fut surprise par un espion, attaché aux pas de l'exilé.'

Ce fut un nouveau délit dont on eut à punir Jacques Foscari. Réclainer la protection d'un prince étranger était un crime, dans un sujet de la république. Une galère partit sur-le-champ pour l'amener dans les prisons de Venise. A son arrivée il fut soumis à l'estrapade.' C'était une singulière destinée, pour le citoyen d'une république et pour le fils d'un prince, d'être trois fois dans sa vie appliqué à la question. Cette fois la torture était d'autant plus odieuse, qu'elle n'avait point d'objet, le fait qu'on avait à lui reprocher étant incontestable.

Quand on denianda à l'accusé, dans les intervalles que les bourreaux Ini accordaient, pourquoi il avait écrit la lettre qu'on lui produisait, il répondit que c'était précisément parcequ'il ne doutait pas qu'elle ne tombât entre les mains du tribunal, que toute autre voie lui avait été fermée pour faire parvenir ses réclamations, qu'il s'attendait bien qu'on le ferait amener à Venise; mais qu'il avait tout risqué pour avoir la consolation de voir sa femme, son père, et sa mère encore une fois.

Sur cette naïve déclaration, on confirma sa sentence d'exil; mais on l'agrava, en y ajoutant qu'il serait retenu en prison pendant un an. Ceite rigueur, dont on usait envers un malheureux, était sans doute odieuse; mais cette politique, qui défendait à tous les citoyens de faire intervenir les étrangers dans les affaires intérieures de la république, était sage. Elle était chez eux une maxime de gouvernement et une maxime inflexible. L'historien Paul Morosini a conté

La notice citée ci-dessus; qui rapporte les actes de cette procédure. ? Ebbe prima per sapere la verità trenta squassi di corda. Marin SANUTO, Vite de' Duchi, F. Foscari.

3 Historia di Venezia, lib. 23.

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