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Alme Sol, curru nitido diem qui
Promis et celas aliusque et idem
Nasceris, possis nihil urbe Roma

Visere majus!
Divat, producas sobolem patrumque
Prosperes decreta ? super jugandis
Feminis prolisque novæ feraci

Lege marita 3,
Certus undenos deciens per annos
Orbis * ut cantus referatque ludos
Ter 5 die claro totiensque grata

Nocte frequentes.
Rite maturos aperire partus
Lenis, Ilithyia ®, tuere matres,
Sive tu Lucina probas vocari

Seu Genitalis :
Vosque veraces cecinisse?, Parcæ,
Quod semelodictum est stabilisque rerum
Terminus servet, bona jam peractis

Jungite fata.
Fertilis frugum pecorisque tellus
Spicea donet Cererem corona ;

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1. Diva, Diane. Ce vers est précédé 6. Ilithyia est synonyme de Lucina dans les manuscrits et les éditions et de Genitalis. Ces trois noms désid'une strophe que nous avons cru gnent une divinité qui préside aux devoir transporter après le vers 24. naissances. Elle était sans doute reVoy, notre notice dans la Revue de présentée par trois figures, puisque philologie, avril 1894.

le procès-verbal dit qu'Auguste sa2. Decreta. La loi de maritandis crifia aux Ilithyies, quoique la formule ordinibus, punissait le célibal et don- dont il se sert soit au singulier. Ilinait des privilèges aux pères de fa- thyia, tibi, etc. Chez Homère (1l., XI, mille.

270), on voit plusieurs Ethellulai, 3. Marita, pour Maritali.

filles de Héra, à qui on attribuait sou4. Orbis, le retour périodique. vent les mêmes fonctions. Les Latins

5. Ter. Le nombre trois est par- donnent aussi quelquefois le nom de ticulièrement vénéré dans cette fête. Lucina soit à Junon, soit à Diane. Elle durait trois jours et trois nuits, 7. Cecinisse. Voy. Rem. 46. les cheurs étaient chacun de 27 8. Quod semel... servet est en apjeunes gens (9X3); on offrait à Diane position à bona jungite fata. On voit et à Apollon trois espèces de gâteaux, que quod est au nom. avec dictum et neuf de chaque espèce.

est.

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Nutriant fetus et aquæ salubres

Et Jovis auræ.
Condito mitis placidusque telo 1
Supplices audi pueros, Apollo;
Siderum regina bicornis, audi,

Luna, puellas.
Roma si vestrum est opus, Iliæque
Litus Etruscum tenuere turmæ,
Jussa pars ? mutare Lares et urbem

Sospite cursu,
Cui per ardentem sine fraude 3 Trojam
Castus Æneas patriæ superstes
Liberum munivit iter, daturus

Plura relictis * :
Di”, probos mores docili juventæ,
Di, senectuti placidæ quietem,
Romulæ genti date remque prolemque

Et decus omne.
Quæque vos bobus veneratur albis
Clarus Anchisæ Venerisque sanguis,
Impetret, bellante prior, jacentem

Lenis in hostem.

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Jam mari terraque manus potentes
Medus Albanasque timet secures 8,

on

aux

1. Condito, caché dans le carquois. en l'honneur de Junon. Le texte des

2. Pars est en apposition à lliæ Livres sibyllins nous dit la couleur turmæ et désigne les compagnons des victimes :πάνλευκοι ταύροι ..., d'Enée. Avec jussa, il faut sous-en-Boos céllaç a yacov. Au contraire tendre a diis.

n'immola aucune

victime 3. Cui (parti). - - Sine fraude. Voy. dieux du Palatin; on leur offrit seuOd., II. xvi (x1x). 20.

lement des gâteaux, dont la nature 4 Relictis, quam relicta.

et le nombre sont indiqués expressé5. Di, Jupiter et Junon. Ils ne sont

ment dans le procès-verbal. pas nommés, mais désignés assez

6. Romulæ. V. Od., IV., IV (v), 1. clairement par les termes du vers 49 : Vos bobus veneratur albis. Le pro

7. Rem, l'abondance. cès-verbal dit qu'Auguste el Agrip- 8. Albanes secures. La hache est pa immolèrent chacun un taureau le symbole de la puissance des Roà Jupiter et le lendemain une génisse I mains, issus d'Albe la Longue.

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Jam Scythæ responsa petunt superbi

Nuper 1 et Indi.
Jam Fides et Pax et Honos Pudorque
Priscus et neglecta redire Virtus
Audet, apparetque beata pleno

Copia cornu.
Augur 2 et fulgente decorus arcu
Phoebus acceptusque novem Camenis,
Qui salutari levat arte fessos

Corporis artus,
Si Palatinas videt æquus arces 3,
Remque Romanam Latiumque felix
Alterum in lustrum meliusque semper

Prorogat ævum.
Quæque Aventinum tenet Algidumque,
Quindecim 6 Diana preces virorum
Curat et votis puerorum amicas

Applicat aures.
Hæc Jovem sentire 7 deosque cunctos
Spem bonam certamque domum reporto,
Doctus 8 et Phoebi chorus et Dianæ

Dicere laudes.

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avec

1. Superbi nuper se rapporte à (sequens), ævumque semper melius. Scythæ. Pendant qu'Auguste faisait | Lustrum est une période déterminée ; la guerre contre les Cantabres (24), ævum, le temps sans limites. Il y a les Scythes et les Indiens envoyèrent gradation entre les deux termes. demander son amitié (responsa pe- 5. Prorogat, préférable à proroget : tunt). Voy. Od., IV, xi (XIV), 41-42. le poète affirme

confiance 2. Augur. Le poète résume les qu'Apollon protège Rome ainsi que principaux attributs du dieu pro. Diane. Il faut aussi lire plus loin phétique, porteur de l'arc, maitre curat, applicat, et non curet, applides muses el dieu de la médecine cet. (Παιάν ou Παιών).

7. Quindecim. C'est depuis Sylla 3. Arces, les collines où Octave que les decemviri sacris faciundis, avait onze ans auparavant consacré primitivement duumviri, étaient dele temple d'Apollon. Var., Aras. — Si venus quindecimviri. videt, comme au vers 37, si vestrum 8. Hæc sentire, être dans les disopus est, n'est pas une formule du- positions que nous demandons. bitative. Şi veut dire ici puisque. 9. Doctus. Voy. Od., IV, v (v1), 35

4. Latiumque felix. Construisez : et suiv. Phæbi et Dianæ dépendent Prorogat rem Romanam Latiumque de laudes. felix (ut felix sit) in lustrum alterum

LIVRE PREMIER

I

La première Satire est dédiée à Mécène, comme la première Épode, la première Ode et la première Épitre; de là le début de cette dernière pièce :

Prima dicte mihi, summa dicende Camena...

Mæcenas.

Aucune autre satire, sauf la sixième, ne s'adresse à un personnage particulier; la première est visiblement le prologue du premier recueil publié par Horace; elle a donc été composée peu avant l'apparition de ce recueil, vers 34 avant J.-C. (voy. p. 3).

Le sujet, très général, convient fort bien comme introduction à la critique des différents travers humains. Le poète se demande pour quelle cause tous les hommes sont mécontents de leur sort, et il établit que cette cause est notre insatiable cupidité. Voici le plan du poème :

1° De nombreux exemples prouvent que chacun, mécontent de son sort, envie la destinée du prochain (1-14).

2o Cependant tous refuseraient de faire l'échange, si un dieu le leur permettait (14-22).

30 Ce qui rend les hommes envieux, c'est leur cupidité. Ici se trouve le morceau capital, sous forme de digression : c'est la réfu. tation de tous les sophismes de l'avare. Il prétend amasser pour sa vieillesse, comme la fourmi : mais il ne s'arrête jamais; il ne touche jamais à son bien, de peur de le diminuer, comme si la grandeur des richesses importait pour les jouissances qu'on en tire (23-60). L'argent donne de la considération ? C'est possible, mais que de soucis il nous cause! L'avarice nous ôte l'atfection des nôtres, elle nous expose

à tous les dangers : exemple d'Ummidius (61-100). Faut-il donc vivre en débauché ? demande l'avare poussé dans ses derniers retranchements. Non, la vertu est également éloignée de tous les extrêmes (101-107).

4. Conclusion : c'est à cause de l'envie que la plupart des hommes se disent malheureux.

Horace parait avoir songé, dans cette conclusion, au passage de Lucrèce :

Sed quia semper aves quod abest, præsentia temnis,
Imperfecta tibi elapsa est ingrataque vita,
Et necopinanti mors ad caput adstitit ante
Quam satur ac plenus possis discedere rerum.

(Lucrèce, 111, 971.)

Qui fit, Mæcenas, ut nemo, quam sibi sortem ?
Seu ratio 3 dederit seu fors objecerit, illa
Contentus vivat, laudet 5 diversa sequentes?
« O fortunati mercatores! » gravis annis 6
Miles ait, multo jam fractus membra ? labore.
Contra mercator, navem jactantibus Austris 8,
« Militia est potior. Quid enim o? Concurritur; hore
Momento 10 cita mors venit aut victoria læta. »
Agricolam laudat juris legumque peritus 11,

1. Qui. Voyez Rem. 7.

sous les drapeaux, comme Virgile, IX, 2. Sortem, ici la condition, le genre 245. Tous les man. donnent cette de vie.

leçon et le sens est clair. La conjec3. Ratio, le choix, par opposition à ture de Bouhier, armis, adoptée par fors, le hasard aveugle ; les deux beaucoup d'éditeurs, est inutile. verbes dederit, objecerit s'opposent 7. Jam fractus membra, une fois comme les sujets. Voyez Sat., I, VI, que son corps est brisé. Voyez Rem. 26. 54: Nulla etenim mihi te fors obtulit. 8. Austris, vents du sud, comme le Servius Tullius avait consacré un Notos des Grecs. temple, hors de la ville, sur les bords 9. Quid enim. Qu'est-ce à dire en du Tibre, à Fors Forluna; la fête de effet? Cette formule répond à l'éton. cette déesse était célébrée le 24 juin nement que peut causer l'idée de (Ovide, Fastes, VI, 773). Voyez Odes, Militia est potior. Voyez Sat., II, III, 1, xxix (xxxv).

132. 4. Illa. Beaucoup de manuscrits ont 10. Horæ momento, c'est-à-dire, sui. ulla. Mais il faut illa, antécédent de vant Acron, puncto temporis. quam sortem, le substantif étant trans- 11. Juris legumque peritus, celui porté dans la proposition relative. Ho- qui est instruit du droit et des lois, race emploie plusieurs fois dans les le jurisconsulte (jurisperiti , jurisSatires cette construction fréquente consulti). Avant les douze Tables et la

divulgation des fastes par Cn. Flec 5. Laudet, sous-ent. unusquisque. Le vius, il n'y avait de jurisconsulte por vers 109 présente un tour semblable. sible que le patron lui-même. Puis

6. Gravis annis, le „oldat vieilli I la profession d'avocat et celle de ju

dans la prose.

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