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"transferred to a semi-barbarous power. But I may add, that in '' that case the Rajah agreed to pay a large annual tribute, so "that he became a sort of feudatory of the Company. Since the "mutiny there have been several instances of cession of territory "in India by grants, as rewards to native chiefs for fidelity to the "British government. And as to these it may be said that Indian '• necessities are peculiar, and cannot be judged of by European •' precedents. It is not, as generally with us, a foreign enemy. '• but it is the hostility and disaffection of the native population, '• a population enormously outnumbering the English, which may "produce dangers quite as imminent and urgent, during apparent "peace, as a foreign European war, and it may be urged that "Europeau precedents cannot be strictly applied to a state of "things wholly different. It is right also to mention that boun"dary treaties have been made by the Crown, without the autho'' rity of Parliament, and those treaties have in effect altered the "nationality of territory to a certain extent, as in the case of the "Washington Treaty in 1842, and the Oregon Treaty in 1846. "If cessions of territory by mere grant are valid, what becomes '• of the allegiance of the inhabitants? The rule of Roman law "is thus stated by Cicero: 'Jure enim nostro neque mutare "civitatem quisquam invitus potest, neque si velit, mutare non "potest, modo adsciscatur ab ea civitate cujus esse se civitatis "velit:' pro Balbo, 11. It seem to be clear that the Crown can"not by its prerogative alone release subjects from their allegiance "nor e converso deprive them of the rights of British subjects. "In the despatch of the Duke of Newcastle to which I have "already referred, his Grace said: 'with respect to the allegiance "of the inhabitants who may have been born in British domin"ions either within or without the sovereignty, there is, I believe, "little doubt that no measure resting on the Queen's prerogative "only for its authority, could release them from the tie of such "native allegiance. An Act of Parliament would be required "for such a purpose. But, for the reasons already adverted to "in my despatch of November 14 last, I do not consider it neces"sary to apply to Parliament on this ground. It is probable "that the inhabitants of the future commonwealth would gener"ally prefer to retain the rights of British subjects rather than "become wholly aliens, and subject to the ordinary incapacity "of aliens within Her Majesty's dominions.' This part of the "subject, however, will be more fully considered in the chapter "on Allegiance."

Is not the fact that an Act of Parliament was necessary to give effect to the naturalization in the United States of emigrant British subjects, a proof that the Crown cannot cede any part of its territory without the sanction of Parliament? For it cannot be denied that a cession of territory includes in most instances a transfer of allegiance.

It would be a gross error to suppose that, in relation to the Crown, Canada stands on a different footing from the United Kingdom. "When the Crown," says Forsyth,* '"has once granted a legislature to a conquered or ceded colony, it cannot afterwards exercise with respect to such colony its former power of legislation, Campbell v. Hall, Cowp. 204, 20 State Tr. 389 After a colony or settlement has received legislative institutions. the Crown (subject to the special provisions of any Act of Parliament) stands in the same relation to that colony or settlement as it does to the United Kingdom: Be Lord Bishop of Natal, 3 Moore, P. C. (N. S.) 148."

The Parliament whose sanction would be requisite to render valid a surrender of the Canadian Fisheries, in time of peace, is undoubtedly that of Canada—not indeed stricto jure but propria jure, on grounds of justice and public policy—for those fisheries form part of the territory subject to its jurisdiction. "The jurisdiction of colonial legislatures," says Forsyth,f extends to three miles from the shore. In an opinion given by the law officers of the Crown, Sir J. Harding, Queen's Advocate, Sir A. E. Cockburn, Attorney-General, and Sir R. Bethell, Solicitor-General, with reference to British Guiana, February, 1855, they said: "We conceive that the colonial legislature cannot legally exercise its jurisdiction beyond its territorial limitsthree miles from the shore."

It is reasonable and just that the Imperial Parliament should not exercise the power, which it may possess, of ratifying a cession of our fisheries. It is an acknowledged maxim of natural and of modern public law, that no person can be subjected to the action of a legislature in which he is not represented. The interference of the Imperial Parliament would not only be a violation of this natural and public law, but would be, moreover, au act of supreme contempt for the Legislature of Canada.

For many years the policy of England has been, not to make

Constitutional Law, p. 16. t Ibid p. 24

any change in the status of a colony or to dispose of its territory in any way without the consent of the colonial legislature. The course pursued at the time of enacting the British North America Act, 1867, and that now pursued with respect to Newfoundland, Prince Edward's Island and British Columbia, are striking proofs of this policy.

It may therefore safely be laid down that the Crowu has Do more right to cede any part of the Canadian territory than to cede a part of the United Kingdom, without the consent of the Canadian Parliament, or at all events of the Imperial Parliament. A surrender, therefore, of any part of the Canadian fisheries, at least in time of peace, would require the sanction of one of these Legislatures.

P. GlROUARD.

Montreal, April 10th, 1871.

A NOS LEGISLATE UBS.

Le mode de procédure suivi dans nos cours criminelles pour prendre par écrit les témoignages est, à mon avis, très peu satisfisant. En supposant même le Juge impeccable, on n'a tout au plus que des notes, des tronçons du témoignage et non pas verbatim tout ce que le témoin a dit. Mais la supposition que le Juge ne commet pas d'erreurs en prenant ses notes, n'est elle pas extrêmement gratuite et contraire à l'expérience? Ne faudraitil pas supposer aussi qu'il cesse d'être homme et emprunte les attributs de la Divinité en devenant Juge? Il n'y a rien d'étonnant si ces notes contiennent des inexactitudes, des omissions, des erreurs, plus ou moins importantes. Le Juge est obligé de surveiller, de voir et d'entendre à la fois tout ce qui se passe pendant le procès, de prêter l'oreille à une objection que fait tout à coup l'un des avocats, de réprimer les interruptions d'un autre, de constater si les Jurés entendent le témoin, de critiquer, s'il y a lieu, la traduction que fait l'interprète, etc. etc., et l'on veut qu'en sus de tant d'occupations différentes où son esprit et ses sens se trouvent engagés, il fasse de plus l'ouvrage d'un simple écrivain, et cela sans faire d'erreur! L'honorable Juge, malgré tous ses talents et toute sa science,—pour une raison ou pour une autre, soit par la faute du témoin qui ne parle pas assez fort, soit

par la faute des avocats ou de l'interprète qui occupent son attention,—saisira mal quelquefois une réponse importante, tout en croyant sincèrement qu'il a bien entendu; et cette note du témoignage prise incorrectement pourra avoir des conséquences désastreuses. Entr'autres erreurs de ce genre dont j'ai été témoin pendant ma courte expérience, je n'en mentionnerai qu'une faite par un de nos juges les plus éminents et les plus distingués en matières criminelles, mais c'était un erreur grave qui faisait une différence du tout au tout dans la cause; le Juge avait écrit "he did say," tandisque le témoin avait dit "he did not say." La petite mais extrêmement importante particule " not " avait échappé à l'attention généralement très scrupuleuse du Juge, et il était bien convaincu qu'il avait raison. Le Juge bien entendu fit sa charge au Juré conformément à sa note, et bien entendu aussi le Conseil de l'accusé réclama énergiquement, et ce ne fut qu'après beaucoup de difficultés et après un échange d'observations plus ou moins désagréables que le Juge consentit, après que le Juré se fût retiré, à faire revenir le témoin et à accepter une rectification dont dépendait le sort de l'accusé. Mais les Juges ne consentent pas toujours à faire revenir le témoin (et peut-être ont-ils raison de soupçonner quelquefois que le témoin bienveillant serait disposé à venir contredire ce qu'il a dit précéedement); le verdict est rendu et le procès se termine en laissant dans l'esprit du plusieurs la conviction désagréable que le Juge dans sa charge au Juré n'a pas dit ou a dit le contraire de ce que le témoin avait déposé.

La système, que je suggère humblement, débarrasserait le Juge d'un travail manuel que la loi lui impose injustement, et ce système, bienqu'on ne puisse pas le considérer comme étant la perfection même, est suivant moi sujet à beaucoup moins d'incon vénients. Je l'ai vu pratiqué dans une des causes les plus célèbres qui se soient plaidées dans le pays voisin, et il ne laisse, ce me semble, rien à désirer: c'est d'employer pour faire le rapport légal des témoignages un sténographe habile et d'une intégrité reconnue, qui comme officier de la cour, serait sous serment, et qu'une rémunération libérale [mettrait à l'abri de tout soupçon de corruption. Le sténographe, s'il connait bien son art et s'il veut faire son devoir, est une machine dont l'exactitude ne peut être mise en doute; toutes les paroles du témoin seront saisies et couchées par écrit, et on aura non seulement des notes, mais tout le témoignage dans le langage même du témoin mot-à mot. Cet employé, n'ayant que cela à faire, ne serait pas sujet aux nombreuses causes de distraction qui sont pour le Juge, pour ainsi dire, inévitables; et celui ci aurait en même temps, comme Président de la Cour, plus de liberté et de loisir pour surveiller, guider et juger. Rien n'empêcherait le Juge de prendre notes des plus importantes parties du témoignage pour aider sa mémoire dans sa charge au Juré. Mais je voudrais que le rapport légal des témoignages fût fait par un ;employé spécialement nommé, assermenté et payé pour cela, et qu'on eu référât à lui dans tous les cas d'objections ou de doute. Une objection survient tout à coup pendant le procès: on prétend que tel témoin a dit ou n'a pas dit telle ou telle chose; avec notre système actuel, de fâcheuses récriminations s'en suivent presque nécessairement entre le juge et l'avocat; le soupçon d'inexactitude blesse l'amour-propre du juge et le désavantage est naturellement du côté du malheureux avocat et de son pauvre client; le juge est maitre de la position; il peut d'un mot mettre fin à, ladiscussion et passer outre. Mais avec le système que je propose tous ces inconvénients dispa raissent; pour résoudre la difficulté le juge ordonne au sténographe de lire le témoignage ou la partie du témoignage en question, et tout est dit; l'exactitude de cette machine sténographique est telle qu'on ne va pas généralement plus loin; et si l'on pousse l'opiniâtreté jusqu'à demander le retour du témoin dans la boite, l'expérience démontre qu'il confirme presqu' invariablement l'exactitude textuelle du rapport que l'officier a fait de son témoignage. Je soumets respecteusement à qui de droit l'opportunité des changements que je propose. Ce système n'est pas, comme on le sait, une invention de ma part; je l'ai vu fonctionner ailleurs très bien et à la satisfaction de tous. C'est un progrès que l'on n'aurait, j'en suis convaincu, aucune raison de regretter, s'il était adopté. Du reste, j'invite cordialement la discussion sur ce point.

E. Eacicot.

Sweetsbckgh. " février 1871. •

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