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de lettres en pensent, c'est là ce qu'on en dira quand le président ne sera plus: et quand je ne serai plus i moi, je suis jaloux qu'on ne me reproche pas d'avoir donné d'éloges excessifs à personne."— Vol. ii. pp. 35, 36.

"J'ai une confession à vous faire: j'ai parlé de lui dans l'Encyclopédie, non pas à Chronologie, car cela est pour Newton, Petau et Scaliger, mais à Chronologique. J'y dis que nous avons, en noire langue, plusieurs bons abrégés chronologiques: le uiuii, un autre qui vaut pour le moins autant, et un irojsiùme qui vaut mieux. Cela n'est pas dit si crûment, ainsi ne vous fâchez pas. Il trouvera la louange bien mince, surtout la pnr'.agcant avec d'autres , mais Dieu et vous, et même vous toute seule, ne me leroient pas changer de langage."— "II fera sur l'Académie tout ce qui lui plaira; ma conduite prouve que je ne désire point d'eu être, et en vérité je le вегоЫ sans Lui, si j'en avois bien envie; mais le plaisir de dire la vérité librement quand on n'outrage ni n'attaque personne, vaut mieux que mutes Feg^Acadéniies du monde, depuis la Franc »ise, jusqu'à celle de Dugast."—" Puisque je suis déjà d'une Académie, c'est un petit agrément de plus que d'être des autres; mais si j'avois mon expérience, et quinze ans de moins, je vous réponds que je ne seroU d'aucune."—Vol. ii. pp. ¿(i—fi4.

We may now take a peep at the female correspondents,—in the lirst rank of whom we must place Madame de Staal, so well known to most of our readers by her charming Memoirs. This lady was attached to the court of the Duchess of Maine; and her letters, independent of the wit and penetration they display, are exceedingly interesting, from the near and humiliating view they afford of the miserable ennui, the sellishness and paltry jealousies which brood in the atmosphere of a court,—and abundantly avenge the lowly for ihe outward superiority that is assumed by its inhabitants. There are few things more instructive, or more compassionable, than the picture which Madame de Staal has drawn, in I he following passages, of her poor princess dragging herself about in the rain and the burning sun. in the vain hope of escaping from the load of her own inanity,—seeking relief, in the multitude of her visitors, from the sad vacuity of friendship and animation around her,—and poorly trying to revenge herself for her own unhappiness. by making every body near her uncomfortable.

"Je lus Bvant-hier vol rc lettre, ma reine, à S. A. Elle éisit dans un accès de frayeur du tonnerre, qui ne fit pas valoir vos galanteries. J'aurai soin une autre fois de ne vous pas exposer à l'orage. Nous iiogeone ces jours passés dans la joie; nous nageons n ргеяет dañe la pluie. Nos idées, devenues douces et agréables, vont reprendre tóete leur noirceur. Pardessus cela est arrive, depuis deux jours, à notre princesse un rhume, avec de la fièvre: ce nonoh. etant et malgré le tempe diabolique, la promenade m toujours son train. Il semble que la Providence prenne soin de construire pour les princes des corps » l'usage de leurs fantaisies, sans quoi ils ne pourririf'ur «ttripereee d'homme."—Vol. i. pp. 161,162.

^ En défni <T«n troisième orage plus violent que les deux précédent, noue arrivons d'une chasse: nous avons essuyé la bordíe au beau milieu de la forêt. J'espérais éviter eomnie à l'ordinaire celte belle partie; mais on a adroitement tire parti des rai«ens que j'avais allegué» pour m'en dispenser; ce 9*1 m a mis hors d'état de reculer. C'est dommage qu'un art si ingénieux soit employé à désoler les fer»."—Vol.j. p. 164.

"Je «uii tree fichée que votu manquiez d'amuse

mena: c'est un médicament nécessaire à la santé, notre princesse le pense bien; car étant véritablement malade, elle va sans fin, sans cesse, quelque temps qu'il fasse."—Vol. i. p. 168.

"Nous taisons, nous disons toujours les mêmes choses: les promenades, les observations sur le vent, le cavagnole, les remarques sur la perle et le gain, les mesures pour tenir les portes fermées quelque chaud qu'il fasse, la désolation de ce qu'on appelle les étouffés, au nombre desquels je suis, i: dont vous n'êtes pas. qualité qui redouble le désir de votre société."—Vol. i. p. 197.

"Rien n'est égal à la surprise et au chagrin où l'on est, ma reine, d'avoir appris que vous avez été chez Madame la Duchesse de Modène. Un amar.t bien passionné et bien jaloux supporte plus tranquillement les démarches les plus suspectes. qu*on n'endure celle-ci de votre part. 'Vous aller Toiu dévouer là, abandonner tout le reste; voilà à quoi on étoit réservé: c'est une destinée bien cruelle!' &c. J'ai dit ce qu'il y avait à dire pour ramener le calme; on n'a voulu rien entendre. Quoique je ne doive plus m'étonner, cette scène a encore trouvé moyen de me surprendre. Venez, je vous conjure, ma reine, nous rassurer contre cette alarme: ne louez point la personne dont il s'agit, et surtout ne parlez pas de son affliction ; car cela serait pris pour un reproche."—Vol. ii. pp. 22, 23.

All this is miserable: but such ara the necessary consequences of being bred up among flatterers and dependants. A prince has more chance to escape this heartlessness and insignificance; because he has high and active duties to discharge, which necessarily occupy his time, and exercise his understanding; but the education of a princess is a work of as great difficulty as it may come to be ol importance. We must make another, extract or two from Madame de Staal, before taking leave of her.

"Madame du Chàtelet et Voltaire, qui s'étaient annoncés pour aujourd'hui et qu'on avait perdus de vue, parurent hier, sur le minuit, comme deux spectres, avec une odeur de corps embaumée qu'ils semblaient avoir apportée de leurs tombeaux. < in sortait de table. C'étaient pourtant des specms aflames: il leur fallut un souper, et qui plus est. ài-i lits, qui n'étnient pas prépares. La concierge, drji couchée, se leva à grande hale. Gaya, qui av;.it offert son logement pour les cas pressens, tut forcé de le céder dans celui-ci, déménagea avec autant de précipitation et de déplaisir qu une armée surprise dans son camp, laissant une partie de fon bagage au pouvoir de l'ennemi. Voltaire e'rst bien trouvé du gite: cela n'a point du tout consolé Gaya. Pour la dame, топ lit ne s'est pas trouvé bien fait: il a fnllu la déloger aujourd'hui. Notrx que ce lit elle l'avait fait elle-même, faute de gers, et avait trouvé un défaut de .... dans les matel;L-. ce qui, je crois, a plus blessé son esprit exact qu« son corps peu délicat."—" Nos revenans ne se montrent point de jour, ils apparurent hier à dix heures du soir : je ne pense pas qji'on les voie gui're plus lot aujourd'hui; l'un est a décrire de MuÍs faits, l'autre à commenter Newton; ils ne veulent ni Joiit ni se promener: ce sont bien des non-valeurs dans une société, où leurs doctes écrits ne sont d'aucun rappori."—" Madame du Chàidet est d'hier à son troisième logement: elle ne pouvait plus supporter celui qu'elle avait choisi; il v avait du bruit, de la fumée sans feu (il me semble qui.1 c'est son emblème). Le bruit, ce nVst pas la nuit qu'il l'incommode, à ce qu'elle m'a dit, mais le jour, au fon de son travail : cela dérange ses idée«. Elle fait actuellement la revue de ees principes! c'est un exercice qu'elle réitère chaque année, san» quoi ils pourraient s'échapper, et peut-être s'en aller si loin qu'elle n'en retrouverait pas un seul. Je crois bien que sa tête est pour eux une maison de force, el non pas le lien de leur naissance: c'est le rss de wilier soigneusement à leur garde. Elle préfère le bon air de cette occupation à lout amusenirni. e; persiste à ne se montrer qu'à la nuit close. Vo'iuire n tail des vers galán«, qui réparent un peu lr maimi« effet de leur conduite inusitée."—Vol. i. pp. 178, 179. 132. 185, 136.

After all this experience of the follies of the CTcat and the learned, this lively little woman concludes in the true tone of French practical philosophy.

"0 ma reine! que les hommes et leurs femelles fo.i! de plnisans animaux! Je ris de leurs manœuvres, le jour que j'ai bien dormi; quand le sommeil me manque, je suis prête à les assommer. Cène variété de mes dispositions me fait voir que y; ne dégénère pas de mon espèce. Moquons-nous des autres, et qu'ils ее moquent de nous; c'est Lnen fait de toute part !"—Vol. i. p. 181.

Among the lady writers in these volumes, we do not know if there be any entitled to take precedence of la Duchesse de Choiseul, who writes thus learnedly on the subject of eunui to Madame du Deiiand.

"Savez-vous pourquoi vous vous ennuyez tant, ma chère enfant? C'est justement par la peine •;ue vous prenez d'éviter, de prévoir, de combattre l'ennui. Vivez nu jour la journée; prenez le temps comme il vient; profitez de tous les momens, et avec cela vous verrez que vous ne vous ennuierez pis : si les circonstances vous sont contraires, cédez au torrent et ne prétendez pas y résister."—

"Je m'aperçois, ma chère enfant, que je vous dis des choses bien communes; mais accoutumezvous à les supporter, 1", parce que je ne suis pas in t:ai de vous en dire d'autres; 2 , parce qu en morale elles sont toujours les plus vraies, parce qu'elles tiennent à la nature. Après avoir bien exercé son esprit, lej>hi!osophe le plus éclairé sera obliiîi? d'en revenir, à c«'t éijard, à l'axiome du plus graiid sot, de môme qu'il partage avec lui l'air qu'il rupire."—" Les préjuges se multiplient, les arts s'accroissent, les sciences s'approfondissent: mais i» murale est toujours la même, parce que la nature ne change pas; elle est toujours réduite à ces deux ?'jinu: ê're juste pour être bon, erre sage pour être heureux Sadi, poëte Persan, dit gué la >a

£че ett de jouir, la bonté défaire jouir: j'y ajoute justice."—

"11 y a trois choses dont vous diles que les fernnus ne conviennent jamais: l'une d'entre elles est de l'ennuyer. Je n'en conviens pas non plus ici: та'гге vos soupçons, je vois mes ouvriers, je crois conduire leurs ouvrages. A ma toilette, j'ai cette peii'e Corbie qui est laide, mats fraîche comme une piche, folle comme un jeune chien; qui chante, qui rit, qui joue du clavecin, qui danse, qui saule u lieu de inarcher, qui ne sait ce qu'elle fait, et t'ait tout avec grâce, qui ne soit ce qu'elle dit, et dit '''»ut avec esprit, et surtout une naïveté charmante. La nuit je dore, je jour je rêve, et ces plaisirs si duui, si passifs, si bêles, sont précisément ceux qui me conviennent le mieux."—Vol. ii. pp. 134, 135.

Il is time now that we should come to Madame du Defland herself:—the wittiest, the moft selfish, and the most ennuyé of the whole party. Her wit, to be sure, is very enviable and very entertaining; but it is really consolatory to common mortals, to find how little it could amuse its possessor. This did not proceed in her, however, from the fastidiousпеад which is sometimes supposed to arise from a long familiarity with excellence, so nuch ae from a long habit of selfishness, or father from a radical want of heart or affectee. La Harpe says of her, "Qu'il étoit dif

ficile d'avoir moins de sensibilité, et plus d'égoïsme." With all /his, she was greatly given to gallantry in her youth; though her attachments, it would seem, were of a kind not very likely to interfere with her peace of mind. The very evening her first lover died, after an intimacy of twenty years, La Harpe assures us, "Qu'elle vint souper en grande compagnie chez Madame de Marchais, où j'étais; et on lui parla de la perte qu'elle venait de faire. Hélas! il est mort ce soir à six heures; sans cela, vous ne me verriez pas ici Ce furent ses propres paroles; et elle soupa comme à son ordinaire, c'est-à-dire fort bien: car elle était très-gourmande." (l'ref. p. xvi.j She is also recorded to have frequently declared, that she could never bring herself to love any thing,—though, in order to take every possible chance, she had several times attempted to become devote—with no great success. This, we have no doubt, is the secret of her ennui; and a fine example it is of the utter worthlessness of all talent, accomplishment, and glory, when disconnected from those feelings of kindness and generosity, which are of themselves sufficient for happiness. Madame du DefTand, however, must have been delightful to those who sought only for amusement. Her tone is admirable; her wit flowing and natural; and though a little given to detraction, and not a little importunate and exigeante towards those on whose complaisance she had claims, there is always an air of politeness in her raillery, and of knowledge of the world in her murmurs, that prevents them from being either wearisome or offensive.

Almost all the letters of her writing which are published in these volumes, seem to have been written in the month of July 1742, when she spent a few weeks at the waters of Forges, and wrote almost daily to the President Henault at Paris. This close correspondence of theirs fills one of these volumes; and, considering the rapidity and carelessness with which both parties must have written, must give, we should think, a very correct, and certainly a very favourable idea of the style of their ordinary conversation. We shall give a few extracts very much at random. She had made the journey along with a Madame de Péquigni, of whom she gives the following account.

"Mais venons à un article bien plus intéressant, c'est ma compagne. О mon Dieu! qu'elle me déplaît! Elle est radicalement folle; elle ne connoit point d'heure pour ses repas; elle a déjeuné à Gisors à huit heures du matin, avec du veau froid; à Gournay, elle a mangé du pain trempé dans le pot. pour nourrir un Limousin, ensuite un morceau de brioche, et puis trois assez grands biscuits. Nous arrivons, il n'est que deux heures et demie, et elle veut du riz et une capilotade ; elle mange comme un singe; ees mains ressemblent à leurs pattes ; elle ne cesse de bavarder. Sa prétention est d'avoir de l'imagination, et de voir toutes choses sous des faces singulières, et comme la nouveauté des idées lui manque, elle y supplée par la bizarrerie de l'expression, sons prétexte qu'elle est naturelle. Elle me déclare toutes ses fantaisies, en m'assurant qu'elle ne veut que ce qui me convient; mais je crains ¿'être forcé à être sa complaisante; cepen

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dant je compte bien que cela ne s'étendra pas sur ce qui intéressera mon régime. Elle comptoit tout à l'heure s'établir dans ma chambre pour y faire ses repas, mais je lui ai dit que j'allois écrire: je l'ai priée de iaire dire à Madame Laroche les heures où elle vouloit manger et ce qu'elle voudrait manger, et où elle vouloit manger; et que, pour moi, je comptois avoir la même liberté: en conséquence je manderai du riz et un poulet à huit heures du soir."—Vol. ii. pp. 191, 192.

After a few days she returns again to this unfortunate companion.

"La Péquigni n'est d'aucune ressource, et son esprit est comme l'espace: il y a étendue, profondeur, et peut-être toutes les autres dimensions que je ne saurais dire, parce que je ne les sais pas; mais cela n'est que du vide pour l'usage. Elle a tout senti, tout jugé, tout éprouvé, tout choisi, tout rejeté; elle est, dit-elle, d'une difficulté singulière en compagnie, et cependant elle est toute la journée avec toutes nos petites madames à jaboter comme une pie. Alais ce n'est pas cela qui me déplaît en elle: cela m'est commode dès aujourd'hui, et cela me sera très agréable sitôt que Formont sera arrivé. Ce qui m'est insupportable, c'est le dîner; elle a l'air d'une folle en mangeant; elle dépèce une poularde dans le plat où on la sert, ensuite elle la met dans un autre, se fait rapporter du bouillon pour mettre dessus, tout semblable à celui qu'elle rend, et puis elle prend un haut d'aile, ensuite le corps dont elle ne mange que la moitié; et puis elle ne veut pas que l'on retourne le veau pour couper un os, de peur qu'on n'amollisse la peau; elle coupe un os avec toute la peine possible, elle le ronge à demi, puis retourne à sa poularde; après elle cèle tout le dessus du veau, ensuite elle revient a roneer sa poularde: cela dure deux heures. Elle a sur son assiette des morceaux d'os rongées, du peaux sucées, et pendant ce temps, ou je m'ennuie, à la mort, ou je mange plus qu'il ne faudrait. C'est une curiosité de lui voir manger un biscuit; cela dure une demi-heure, et le total, c'est qu'elle manse comme un loup: il est vrai qu'elle fait un exercice enragé. Je suis fâchée que vous ayez de commun avec elle l'impossibilité de rester une minute en repos."—Vol. iii. pp. 39—41.

The rest of her company do not come any better off. The lady she praises most, seems to come near to the English character.

"Madame de Bancour a trente ans; elle n'est pas vilaine; elle est très douce et très polie, et ce n'est pas sa faute de n'être pas plue amusante; c'est fnute d'avoir rien vu: car elle a du bon sens, n'a nulle prétention,et est fort naturelle; son ton de voix est doux, naïf et même un peu niais, dans le goût de Jeliot; si elle avait vécu dans le monde, elle serait aimable: je lui fais conter sa vie; elle est occupée de ses devoirs, sans austérité ni ostentation; si elle ne m'ennuyait pas, elle me plairait assez."—Vol. iii. p. 26.

The following are some of her wailings over her banishment.

_ " II me prend des éionnemens funestes d'être ici: c'est comme la репм'г de la mort; si je ne m'en distrayais, j'en mourrais réellement. Vous ne sauriez vous figurer la tristesse de ce n/^our; mais si fait, pirsqiie vous êtes à Plombières: mais non; c'est que ce n'est point le lieu, c'eet la compaenie dont il est impossible de faire aucun usage. Heureusement depuis que je suis ici. j'ai un certain hébétement qui ferait queje n'entendrais pas le plus petit raisonnement: je végète."—"Je ne crois pas qu'aucun remède puisse être bon lorsqu'on «'ennuie autant nue je fais: ce n'est pas que je supporte mon mal patiemment; mais jamais je ne suis bien-aise, et ce n'est que parce que je végète queje eui« tranquille: quand dix heures arrivent je

'suis ravie, je vois la fin c,'e la journée avec délier»

Si je n'avais pas mon lit et mon fauteuil, je serait

j cent fois plus malheureuse."—Vol. iii. pp. 96—??.

! The following, though short, ¡sa good spec• i imen of the tone in which she treats her | lover.

"Je crois que vous me regrettez. cVst-à-dirc. que vous pensez beaucoup à moi. -Mais (comme de raison) vous vous divertissez fort bien : Tous été« comme les quiétistes, vous laites tout en moi, pour moi et par moi j mais le fait est que vous faitee tout sans moi et que vos journées se passent gaiement. que vous jouissez d une certaine liberté qui vous plaît, et vous êtes fort aise que pendant ce temps-i i je travaille à me bien porter. Mes nuits ne югл pas trop bonnes, et je crois que c'est que je mang? un peu trop: hier je me suis retranché le bœut. aujourd'hui je compte réformer la quantité de pain." —" N'allez point vous corriger sur rien, j'aime qoe vous me parliez ormeaux, ruisseaux, moineaux, etc., et ce m'est une occasion très-agréable de voue donner des démentis, de vous confondre, de vous tourmenter, c'est je crois ce qui contribue le plus à me faire passer mes eaux."—Vol. iii. pp. 126,127. 129.

We have scarcely left ourselves room lo give any of the gentleman's part of this correspondence. It is very pleasingly and pa;ly sustained by him.—thougn he deals mostly m the tittle-tattle of Paris, and appears a httie vain of his own currency and distinction. Vie extract the following paragraphs, just as they turn up to us.

*' Je ne crois pas que l'on puisse cire heureoi tu province quand on a passé sa vie à Paris: m'' < heureux qui n'a jamais connu Paris, et qui n'ajoute pas nécessairement à cette vie les maux chimériques, qui sont les plus grands! car on peut ijuénr 1:1 seigneur qui gémit de ce qu'il a été grêlé, en loi faisant voir qu'il se trompe, et que sa Tigne est couverte de raisin ; mais la grêlé métaphysique ne p* 'i: être combattue. La nature, ou la providence nV: pas si injuste qu'on le veut dire; n'y mettons r>.1 du nôtre, et nous serons moins à plaindre; et pua regardons le terme qui approche, le marteau qui т* frapper l'heure, et pensons que tout cela v» disparaître.

"Ah! l'inconcevable Pont de Veyle! il vient d< donner une parade chpz M. le duc d'Orléans: cere scène que vous connaissez du vendeur d'orvtetan. Au lieu du Korcalquier, c'était le petit Gaiiffin qui faisait le Giles; et Pont de Vcyle a distribué и moins deux cents boîtes avec un couplet pour tout le monde: il est plus jeune que quand voue l'avez vu la première fois; il ¿amuse de tout; n'atntrlfn' et n'a conservé de la mémoire de la défunte que 1« haine pour la musique française."—Vol. i- PP110, 111.

At the end of the letters, there are placed a variety of portraits, or characters of the most distinguished persons in Madame du ГМ' fand's society, written by each other—sometimes with great freedom, and sometimes with much flattery—but almost alvravs w :in wit and penetration. We give the folio».'-' by Madame du DerTand as a specirm" chiefly because it is shorter than most of th« others.

"Madame la Duchesse d'Aiguillon a la boirl' enfoncé, le nez de travers, le regard fol et hiroY et malgré cela eile est belle. L'éclat de son ir»;l l'emporte sur l'irrégularité de ces traits.

"Sa taille est grossière, sa gorge, ses Ьгя* po"t énormes; cependant elle n'a puint l'nir pi.*»«1' épais: la force supplée en elle à la légèreté.

"Son esprit я beaucoup de rapport a sa figur' '' eal pour ainsi dire avisai mal desaine que ion vi^ge « aussi éclatant: l'abondance, l'activi é, l'impetuoïité en sont les qualités dominantes. Sans goût, sans grâce, et sans justesse, elle étonne, elle surprend, mais elle ne plaît ni n'intéresse.

"On pourrait comparer Madame la Durhepsc d'AiffujUon à ce» etntues faites pour le cintre, et qui paraissent monstnieiiíses étant dans le parvis. Sa figure ni son esprit ne veulent point être vus ni examinés de trop près ; une certaine diptanre est nécessaire à sa beauté: des juges peu éclairés et peu df-licai9 sont les seuls qui puissent être favorables à con esprit.

"Semblable à la trompette du jugement, elle est faite pour reeusctter les morts: ce sont les impuis«ns qui doivent l'aimer, ce sont les sourde qui doivent 1 entendre."—Vol. iii. pp. 154—156.

There are three characters of Madame du Detfand herself, all very flattering. That by the President Henault is the least so. It ends as follows.

"Cependant, pour ne pas marquer trop de préTcn'inn et obtenir plus de croyance, j'ajouterai que i'ajie. sans lui ôter ses talens, l'avait rendue jalon« et méfiante, cédant à ses premiers mouvement, maladroite pour conduire les hommes dont file disposait naturellement; enfin de l'humeur riijile, injuste, ne cessant d'être aimable qu'aux ум« de« personne« auxquelles il lui importait de plaire, et, pour finir, la personne par laquelle j'ai «lé I* plus heureux et le plus malheureux, parce qu'elle es: ce que j'ai le plus aimé."—Vol. iii. p. 188.

He is infinitely more partial to a Madame de Flamarens, whose character he begins with great elegance as follows.

"Madame de Flamarens a le visage le plus touchant et le plus modeste qui fut jamais ; c'est un zei.re de bcatiié que la nature n'a attrapé qu'une fou: il y я dans ses traits quelque chose de rare et <io mystérieux, qui aurait fait aire, dans les temps ttbaleax. qu'une immortelle, sous cette forme, ne t'était pas assez déguisée!"—Vol. iii. p. 196.

We take our leave now of these volumes: nn•! of the brilliant circle and brilliant days of Madame du DefTand. Such a society proUibly never will exist again in the world:— nor can we say we are very sorry for it. It «a« not very moral, we are afraid ; and we have seen, that the most distinguished members of it were not very happy. When we »'iy that it must have been in the highest deïtee delightful to those who sought only for nnm*pment. we wirft it to be understood, not "i:ly that amusement does not constitute hapfüifí*. but that it can afford very little pleasure to those who have not other sources of bp;>i;iess. The irreal extent of the accorap!>h«l society of Paris, and the familiarity "i it* intercourse, seems to have gradually b.Tiajiht almost all its members to spend their «:i'i';i- lives ¡л public. They had no notion, 'h-Tpfore, of domestic enjoyments; and their being dissipated among so many and distracted by such an incesta variety of small occupations, came natur4 v Hi be weakened and exhausted : and a "^rtain heartless gaiety to be extended indis'• innately to the follies and the misfortunes °l their associates. Bating some little fits of rallantry, therefore, there could be no devotaineee of attachment; and no profound sympathy for the sufferings of the most intimate !f.''iij*. Every thing, we find accordingly, ade a subject for epigrams; and those

who did not 'make jests at their friends' calamities, were glad, at any rate, to forget them in the society of those who did. When wr; recollect, too. that the desertion of all the high duties of patriots and statesmen, and the insulting and systematic degradation of the great body of the people were necessary conditions of the excellence of this society, we cannot hesitate in saying, that its brilliancy was maintained at far too great a cost, and that the fuel which was wasted in its support, would have been infinitely better applied in diffusing a gentler light, and a more genial heat, through the private dwellings of the land.

We have occupied ourselves so long with Madame du Deffand and her associates, that we can afford but a small portion of our attention for Mademoiselle de Lespinasse. A very extraordinary person we will allow her to have been; and a most extraordinary publication she has left us to consider. On a former occasion, we took some notice of the account which Marmontel had given of her character and conduct, and expressed our surprise that any one, who had acted the unprincipled and selfish part which he imputes to her, should be thought worthy, either of the admiration he expresses, or of the friendship and patronage of so many distinguished characters, or of the devoted attachment of such a man as D'Alembert. After reading these letters, we see much reason to doubt of the accuracy of Marmontel's representation ; but, at the same time, find great difficulty in settling our own opinion of the author. Marmontel describes her as having first made a vain attempt upon the heart of M. de Guibert, the celebrated author of the Tactics,—and then endeavoured to indemnify herself by making a conquest of M. de Mora, the son of the Spanish ambassador, upon whose death she is staled to have died of mortification; and, in both cases, S!ih is represented as having been actuated more by a selfish and paltry ambition, than by any feeling of affection. The dates, and the tenor of the letters before us, enable us to detect many inaccuracies in this statement: while they throw us into new perplexity as to the true character of the writer. They begin in 1773, after M. de Mora had been recalled to Spain by his relations, and when her whole soul seems to be occupied with anguish for this separation ; and they are all addressed to M. de Guibert, who had then recently recommended himself to her. by the tender interest he took in her affliction. From the very beginning, however, there is more of love in them, than we can well reconcile with the subsistence of her first engrossing passion; and, long before the death of M. Mora, she expresses the most vehement, unequivocal, and passionate attachment to M. Guibert. Sometimes she has fits of remorse for this; but, for the most part, she seems quite unconscious, either of inconsistency or impropriety; and M. Guibert is. in the same letter, addressed in terms of the most passionate adoration, arid mnde the confident of her unspeakable, devoted, and unalterable love for M. Mora. So she goes on, most furiously and outrageously in love with them both at the same time, till the death of M. Mora, in 1774. This event, however, makes no difference in her feelings or expressions; she continues to love his memory, just as ardently as his living successor in her affection; and her letters are divided, as before, between expressions of heart-rending grief and unbounded attachment—between her besoin de mourir for M. Mora, and her delight in living for M. Guibert. There are still more inexplicable things in those letters. None of Guibert's letters are given, so that we cannot see how he responded to all these raptures; but, from the very first, or almost from the first, she complains bitterly of his coldness and dissipation; laments that he has a heart ji. of tenderness; and that he feels nothing but gratitude or compassion for a being whom he

ad fascinated, exalted, and possessed with the most ardent and unbounded passion. We cannot say that we see any clear traces of her ever having hoped, or even wished that he should marry her. On the contrary, she recommends several wives to him; and at last he takes one, with her approbation and consent, while the correspondence goes on in the same tone as before. The vehemence and excess of her passion continue to the last of the letters here published, which come down to within a few weeks of her death, in 1776.

The account which we have here given appears ridiculous: and there are people, and wise people, who, even after looking into the book, will think Mademoiselle de Lespinasse deserving of nothing but ridicule, and consign her and her ravings to immeasurable contempt. Gentle spirits, however, will judge more gently; and there are few, we believe, who feel interest enough in the work to read it through, who will not lay it down with emotions of admiration and profound compassion. Even if we did not know that she was the chosen companion of D'Alembert, and the respected friend of Turgot, Condillac, Condorcet, and the first characters in France, there are, in the strange book before us, such traces of a powerful, generous, and ardent mind, as necessarily to command the respect even of those who may be provoked with her inconsistencies, and wearied out with the vehemence of her sorrow. There is something so natural too, so eloquent, and so pathetic in her expression—a tone of ardour and enthusiasm so infectious, and so much of the true and agonizing voice of heart-struck wretchedness, that it burdensus with something of the weight of a real sorrow; and we are glad to make ourselves angry at her unaccountableness, in order to get rid of the oppression. It ought to be recollected also, that during the whole course of the correspondence, this poor young woman was dying of a painful and irritating disease. Tortured with sickness, or agitated with opium, her blood never seems in all that time to have flowed peaceably in her veins, and her nerves and her passions seem to have reacted upon each other in a series of cruel agitations. Why she is so very

wretched, and so very angry, we do not in

deed always understand; but there is no mis. taking the language and real emotion, and while there is something wearisome, perhaps, in the uniformity of a vehemence of §. we do not clearly see the cause, there is something truly déchirant in the natural and piteous iteration of her eloquent complainings, and something captivating and noble in the fire and rapidity with which she pours out her emotions. The style is as original and extraordinary as the character of its author. It is quite natural, and even negligent—altogether without gaiety or assumed dignity—and yet full of elegance and spirit, and burning with the flames of a heart abandoned to passion, and an imagination exalted by enthusiasm. It is not easy to fall into the measure of such a composer, in running over a miscellany of amusement; but we cannot avoid adding a few extracts, if it were only to make what we have been saying intelligible, to some at least of our readers.

“Je me sentois une répugnance mortelle àouvrir votre lettre: si je n'avois craint de vous offenser, j'allois vous la renvoyer. Quelque chose me disoit qu’elle irriteroit mes maux, et je voulois me ménager, La souffrance continuelle de mon corps affaisse mon ame: j'ai encore eu la fièvre; je n'ai pas fermé l'oeil; je m'en puis plus. De grace, par pitié, ne tourmentez plus unevie qui s'6teint, et dont tous les instans sont dévoués à la douleur et aux regrets. Je ne vous accuse point: je n'exigerien, vous ne me devez rien: car, en effet, je n'ai pas eu un mouvement, pas un sentiment auguel j'ai consenti; et,9uand j'ai eu le malheur d'y céder, j'ai toujours détesté la force, ou la foiblesse, qui m'entrainoit. Wous voyez que vous ne me devez aucune reconnaissance, et que je n'ai le droit devous faire aucun reproche. Soyez done libre, retournez à ce que vous aimez, et à ce qui vous convient plus que yous ne croyez Peut-être. Laissez-moi à ma douleur; laissez-moi m'occuper sans distraction du seul objet que j’ai adoré, et dont le souvenir m'est plus cher que tout ce qui reste dans la nature. Mon Dieu ! je ne devrois pas le pleurer; j'aurois dii le suivre: c’est vous qui me faites vivre, qui faites le tourment d'une créature que la douleur consume, et qui emploie ce qui lui reste de forces à invoquer la mort. Ah! vous en faites trop, et pas assez pour moi. Je vous le disois bien ily a huit jours, vous me rendez difficile, exigeante: en donnant tout, on veut obtenir quelque chose. Mais, encore une fois, je vous pardonne, et je ne vous hais point: ce n'est pas par générosité que je vous pardonne, ce n'est pas par bonté que je ne vous hais pas; c'est que mon ame est lasse, qu’elle meurt de fatigue. Ah! mon ami, laissez-moi, ne me dites plus que vous m’aimez.: cebaume devient du poison; vous calmez et déchirez ma plaie tour à tour. Oh! que vous me failes mal! que la vie me, pèse! que je vous aime pourtant, et que je serois désolée de mettre de la tristesse dans votre ame : Mom ami, elle est trop partagée, trop dissipée, pour que le vrai plaisir y puisse pénétrer. Wous woulez que je vous voie ce soir; et bien, venez done!"—Vol. ii. pp. 206—208.

“Combien de fois aurois-je pume plaindre; combien de fois vous ai-je caché mes larmes! Ah! je le vois trop bien: on ne sauroit ni retenir, niramener un coeur qui est entrainé par un autre penchant; je me le dis sans cesse, quelquefois je me crois guérie; vous paroissez, et tout est détruit. La réflexion, mes résolutions, le malheur, tout perd sa force au premier mot que vous prononcez. Je ne vois plus d'asile que la mort, et jamais aucun malheureux ne l’a invoquée avec plus d'ardeur. Je retiens la moitié de mon ame: sa chaleur, son mouvement vous importuneroit, et vous étendroi:

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