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libri ad edictum; lantôt des commentaires ou des notes sur quelque ouvrage d'un jurisconsulte antérieur, par exemple libri ad Sabinum, notre ad Papinianum

Tantôt ils s'étendaient sur tout le système du droit privé, tantôt ils se bornaient à une doctrine particulière, et formaient des monographies.

Tantôt ils contenaient une revue des questions controversées, avec leur solution ; tantôt c'étaient des décisions sur des cas particuliers , tantôt enfin c'étaient des ouvrages sur des sujets variés, des mélanges. A ces divers genres d’écrits se rapportent les noms et titres suivants : Libri qucestionum, disputationum, differentiarum, responsorum, variarum lectionum, inembranarum , etc. , dont plusieurs sont très-généraux, très-vagues et ne sont pas limités à un genre déterminé d'ouvrage.

Au reste, le droit romain ne se maintint à ce haut degré d'activité et de valeur scientifiques que jusqu'au temps qui suit immédiatement le règne d’Alexandre Sévère, ou tout au plus, et à quelques égards, jusqu'à Dioclétien ; car, à partir de cette époque, la barbarie, qui depuis longtemps s'était montrée dans les autres sphères de la vie des Romains, par suite de la décadence de leur état politique, commença à envahir aussi le domaine de la jurisprudence. Dès lors, par conséquent, toute énergie, toute vie scientifique cessa de se manifester chez les jurisconsultes romains.

PARTIE, S 25. Des nombreux écrits qui furent le produit de cette période d'active culture de la jurisprudence romaine, très-peu nous sont parvenus dans leur forme originale. Les plus importants sont les suivants :

Un fragment d'Ulpien, appartenant vraisemblablement à son Liber regularum, appelé ordinairement aujourd'hui Ulpiani fragmenta. La meilleure édition est celle de Hugo, 1822. Il faut y joindre deux fragments des Institutes d'Ulpien, qui ont été découverts dernièrement à Vienne (1).

Ensuite l'ouvrage de Gaius intitulé Institutionum commentarii quatuor, qui a été découvert dans ces derniers temps, en 1816, par Niebuhr, dans un manuscrit palimpseste, à Vérone, et publié d'abord par Goeschen (Berlin, 1820, puis avec des améliorations, Berlin, 1824), et conjointement avec les Institutes de Justinien, par Klenze et Boecking (Berlin, 1829).

Des ouvrages de moindre importance sont : l'écrit du jurisconsulte Volusius Mæcianus, intitulé : Assis distributio, etc. ; le fragment d'un auteur inconnu, désigné sous le titre de Fragmentum de jure fisci , qui a été trouvé avec Gaius; et plusieurs autres fragments de jurisconsultes pour la plupart inconnus, qui sont rassemblés dans l'édition donnée

(1) Endlicher, De Ulpiani Institutionum fragmento. Vienne, 1835, in-8.

à Bonn du Corpus juris romani antejustinianei.

Les autres ouvrages de jurisprudence ne nous sont connus que remaniés par des compilateurs, comme les Receptæ sententiæde Paul, retouchées par l'auteur visigoth du Breviarium Alaricianum, ou par des extraits qui en ont été faits plus tard, et qu'on trouve surtout dans les Pandectes de Justinien.

Nous devons indiquer comme les recueils les plus récents de ces restes des ouvrages des jurisconsultes, réunis à d'autres sources du droit antérieur à Justinien:

Jurisprudentia vetus antejustinianea, ex recensione et cum notis Ant. Schulting. Leyde, 1717, in-4°. Leipzig, 1737, in-4°.

Jus civile antejustinianeum, codicum et optimarum editionum ope a societate jurisconsultorum curatum. Præfatus est Gust. Hugo. Berlin, 1815, in-8°.

Corpus juris romani antejustinianei. Præfatus est Boecking , Bonn, 1835 et 1837, in-4°.

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QUATRIÈME PÉRIODE.

DE CONSTANTIN A JUSTINIEN,

S 26.

Changements politiques dans l'empire romain.

Le règne de Constantin fut signalé par plusieurs

événements politiques qui eurent aussi une influence marquée sur le droit.

En effet, sous lui furent jetés les fondements de la division de l'empire, qui ne tarda pas à s'accomplir, en deux parties distinctes, l'une occidentale et l'autre orientale, avec deux capitales, Rome et Constantinople. Ces deux empires romains, unis ensemble par certaines institutions politiques ; subsistèrent quelque temps l'un à côté de l'autre; mais, depuis Valentinien III, les peuplades germaniques commencèrent à se jeter sur l'empire d'Occident et à en conquérir successivement les diverses parties. Après l'avoir ballotté longtemps entre leurs mains, ces conquérants en finirent arec lui, l'an 476 de l'ère chrétienne, et il cessa d'exister même nominalement. Ainsi Rome et l'Italie, la patrie originaire du droit romain, furent séparées de l'empire gréco-romain, qui continua d'exister en Orient. Par là, le droit romain , transplanté dans un pays presque entièrement grec, dut, par la langue même dans laquelle ses textes étaient écrits, devenir de plus en plus étranger au peuple, et perdre ainsi, en grande partie, son caractère propre, qui était lié si intimement à l'esprit de la nation et à sa langue.

Les changements profonds que Constantin fit subir à la constitution politique, dans plusieurs points essentiels, n'eurent pas des conséquences moins importantes. D'abord la religion chrétienne fut élevée

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au rang de religion de l'État, et par là un nouvel élément fut introduit dans la vie politique et juridique. On posa aussi les bases de plusieurs autres institutions, qui, sans doute, étaient inspirées par de bonnes intentions et même cominandées, en partie, par l'état de décadence du siècle, mais qui cependant, par leurs résultats ultérieurs , devaient faire tomber le droit dans un arbitraire complet.

Ainsi l'empire gréco-romain, sous les successeurs de Constantin, prit de plus en plus le caractère du despotisme oriental.

S 27.

État du droit et de ses sources en général.

Le droit romain, qui, déjà, depuis la dernière moitié de la précédente période, avait commencé à décliner, partageait maintenant, d'une manière chaque jour plus sensible, l'état de décadence de la civilisation générale, qui était surtout l'effet du despotisme. Pour reconnaître la confusion qui en résulta dans la jurisprudence, il suffit de jeter un coup d'ail rapide sur les sources du droit qu'on possédait alors, et sur les difficultés qu'on rencontrait quand on voulait y puiser.

Aucune des anciennes sources du droit n'était, à la vérité, précisément hors d'usage, en ce sens que les résultats qu'elles avaient déjà fournis conservaient toujours leur valeur pratique. Mais la plu

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