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Jam nunc minaci murmure cornuum Perstringis aures: jam Jitui strepunt; Jam fulgor armorum fugaces

Terret equos, equitumque vultus.

Audire magnos jam videor duces
Non indecoro pulvere sordidos;
Et cuncta terrarum subacta,

Præter atrocem animum Catonis.

Juno, et Deorum quisquis amicior
Afris , inultâ cesserat impotens
Tellure, victorum nepotes

Rettulit inferias Jugurthæ.

Quis non, Latino sanguine pinguior, Campus sepulcris impia prælia Testatur, auditumque Medis

Hesperiæ sonitum ruinæ?

Qui gurges, aut quæ flumina lugubris
Ignara belli? quod mare Dauniæ
Non decoloravere cædes?

Quæ caret ora cruore nostro?

Sed ne relictis, Musa procax, jocis, Ceæ retractes munera näniä: Mecum Dionæo sub antro

Quære modos leviore plectro.

Illustre Pollion, votre noble éloquence
Contre les oppresseurs protége l'innocence:
Oracle du sénat, intrépide guerrier,
Le Dalmate vaincu chante votre victoire,

Et la main de la Gloire
Sur votre noble front ceint un triple laurier.

Vous parlez, et j'entends les trompettes bruyantes :
Je crois voir les coursiers fuir les armes brillantes :
Des mourans, des vainqueurs, j'entends déja les cris:
Je vois nos chefs couverts d'une poudre honorable,

Et Caton indomptable,
Seul debout au milieu de l'univers soumis.

Junon de Jugurtha veut donc venger l'outrage?
Les Dieux, dont le secours ne put sauver Carthage,
Immolent aujourd'hui les fils de ses vainqueurs.
Est-il dans l'univers une plaine déserte

Qui, de tombeaux couverte,
N'atteste nos forfaits ensemble et nos malheurs?

La terre a bu le

sang des légions romaines; Leur chute a retenti jusqu'aux rives lointaines. Quel peuple peut encore ignorer nos revers? Quel parage inconnu, quelle terre sauvage,

N'a vu sur son rivage Le sang

de

nos soldats rougir les flots amers.

Mais où t'égares-tu, fille de Mnemosine?
Toi qui chantes les jeux sur ta lyre badine,
Fuis les tristes accens du vieillard de Céos:
Viens plutôt répéter, dans ce bois solitaire,

Quelque chanson légère
Que t'inspira jadis la reine de Paphos.

ODE II.

AD CRISPUM SALLUSTIUM.

Nullu

LUs argento color est avaris
Abditæ terris, inimice lamnæ,
Crispe Sallusti, nisi temperato

Splendeat usu.
Vivet extento Proculejus ævo,
Notus in fratres animi paterni:
Illum aget pennâ metuente solvi

Fama superstes.
Latiùs regnes avidum domando
Spiritum, quàm si Libyam remotis
Gadibus jungas, et uterque Pænus

Serviat uni.
Crescit indulgens sibi dirus hydrops;
Nec sitim pellit, nisi causa morbi
Fugerit venis, et aquosus albo

Corpore languor.
Redditum Cyri solio Phraaten,
Dissidens plebi, numero beatorum
Eximit virtus; populumque falsis

Dedocet uti
Vocibus; regnum et diadema tutum
Deferens uni, propriamque laurum,
Quisquis ingentes oculo irretorto

Spectat acervos.

ODE II.

A CRISPE SALLUSTE.

Vous, dont le noble caur regarde avec mépris
L'or qu'en un gouffre avare enfouit la vieillesse,
Ce métal n'a d'éclat qu'aux mains de la sagesse,
Et l'emploi qu'on en fait lui donne tout son prix.
La Déesse aux cent voix, sur son aile légère,
Va dans tout l'avenir proclamer les vertus,
La générosité, de ce Proculeius
Qui montra pour les siens la tendresse d'un père.
D'un cour ambitieux faites taire la voix:
Vous serez plus puissant que les maîtres du Tage,
Et que si l'on voyait lune et l'autre Carthage,
Soumises à vous seul, reconnaître vos lois.

Le malheureux pressé d'une soif éternelle,
En se désaltérant, irrite sa douleur,
Tant qu'il nourrit le feu qui dévore son cæur,
Et que son sang distille une lymphe mortelle.
Sur le trône où Cyrus vit régner ses aïeux,
Phraate est remonté; mais la vertu sévère,
Qui n'adopta jamais les erreurs du vulgaire,
Ne compte point Phraate au nombre des heureux;

Du peuple condamnant le stupide système,
C'est

pour le sage, exempt d'avarice et d'orgueil, Et de qui nul trésor n'obtiendrait un coup d'oeil, Que la vertu réserve un noble diadême.

ODE III.

AD Q. DELLIUM.

Æquam memento rebus in arduis
Servare mentem, non secus in bonis
Ab insolenti temperatam

Lætitiâ, moriture Delli,
Seu mostus omni tempore vixeris,
Seu te in remoto gramine per dies
Festos reclinatum beâris

Interiore notâ Falerni,

Quà pinus ingens albaque populus
Umbram hospitalem consociare amant
Ramis, et obliquo laborat

Lympha fugax trepidare rivo.
Huc vina, et unguenta, et nimiùm breves
Flores amænæ ferre jube rosa,
Dum res, et ætas, et sororum

Fila trium patiuntur atra.

Cedes coemtis saltibus, et domo,
Villâque, flavus quam Tiberis lavit:
Cedes; et exstructis in altum

Divitiis potietur heres.

Divesne, prisco natus ab Inacho,
Nil interest, an pauper, et infimâ

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