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Reviens, de ta patrie, en proie à la tristesse,

Calmer les déplaisirs.
Elle attend ton retour, comme la tendre épouse
Attend son jeune époux absent depuis un an,
Et que retient encor sur son onde jalouse

L'infidèle Océan.

Ses yeux

Plongée à ton départ dans une nuit obscure,

n'ont vu lever que de tristes soleils; Rends-lui par ta présence une clarté plus pure

Et des jours plus vermeils. ....
Tu règnes cependant, et tes sujets tranquilles
Vivent sous ton appui dans un calme profond,
A couvert des larcins et des courses agiles

Du Scythe vagabond.
Les troupeaux rassurés broutent l'herbe sauvage ;
Le laboureur content cultive ses guérets :
Le voyageur est libre, et sans peur du pillage

Traverse les forêts.

Le peuple ne craint plus de tyran qui l'opprime ;
Le faible est soulagé, l'orgueilleux abattu ;
La force craint la loi, la peine suit le crime ;
Le prix suit la vertu.

( Ode v, livre IV.)

Hinc ad vina redit lætus.
Sois le Dieu des festins, le Dieu de l'alégresse ;

Que nos tables soient tes autels :
Préside à nos jeux solennels,

Comme Hercule aux jeux de la Grèce.
Seul tu fais les beaux jours ; que tes jours soient sans fin:
C'est ce que nous disons en revoyant l'aurore,
Ce qu'en nos douces nuits nous redisons encore
Entre les bras du Dieu du vin.

( VOLTAIRE.)

ODE IX.

Paulum sepultæ. . ó..
Il n'est rien que le temps d'absorbe et ne dévore ;

Et les faits qu'on ignore
Sont bien peu différens des faits non avenus.

Non, non, sans le secours des filles de Mémoire,
Vous vous flattez en vain, partisans de la gloire ,
D'assurer à vos noms un heureux souvenir:
Si la main des neuf sæurs ne pare vos trophées,

Vos vertus étouffées
N’éclaireront jamais les yeux

de l'avenir.
( ROUSSEAU, ode II, livre IV.)

ODE XIII.

Audivere, Lyce, vota mea.
Les Dieux ont vengé mon outrage ;
Tu perds , à la fleur de ton âge,
Taille , beautés , honneurs et bien.

( VOLTAIRE.)

ÉPODES.

ODE I.

Sur le mot Épodes. Les savans ne sont point d'accord sur la signification de ce mot. Il est naturel de croire qu'il désigne ce qui vient après les Odes. Quelques auteurs ont cru qu'on devait entendre par ce mot les oeuvres posthumes. Mais il y a dans ce livre plusieurs pièces dont la date est certaine, ou au moins probable, et qui sont de la jeunesse de l'auteur. Il y en a qui sont relatives à des événemens publics, et qui par conséquent n'ont pas ter dans le portefeuille jusqu'après la mort d'Horace.

V. 30. Circæa monia, les murs de Circé : Tusculum, bâti par Télégon, fils de Circé.

ODE III.

dû res

V. 10. O dura messorum ilia! O durs flancs des moissonneurs ! Le poëte n’exprime pas précisément son idée. On est forcé d'y suppléer pour être entendu.

ODE IV.

V. 1. Sortito ne veut pas dire ici par hasard, mais par la loi du

sort.

V. 4. Ibericis peruste funibus; brûlé par des cordes d'Espagne. Apparemment qu'on faisait les fouets avec des cordes ou du chanvre d'Espagne. Quant au mot brûlé, il est employé ici pour fouetté, et Dacier observe à ce sujet que flagrum vient de flagrare.

V. 12. Les triumvirs (ceux qu'on appelait capitaux) faisaient châtier les esclaves. Un crieur public précédait ceux-ci pendant le supplice, et annonçait le crime au peuple.

V. 15. L. Roscius Othon, tribun du peuple, avait assigné aux chevaliers des bancs particuliers dans le théâtre.

V.19. Latrones. L'armée du jeune Pompée, composée de brigands.

ODE V.

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Voici, dit Dacier, une des pièces les plus satiriques et les plus « piquantes qui nous restent de l'antiquité. Horace écrit contre Ca

nidie, et lui reproche qu'elle a dérobé un jeune enfant de qualité, qu'elle va faire mourir d'une cruelle manière, pour compoa ser de son foie et de ses moelles un breuvage amoureux, qu'elle « veut donner à un de ses amans, nommé Varus, qui l'avait aban« donnée. Il explique ici les préparatifs de cette mort, et toutes les « cérémonies qui la précèdent. Cette ode est fort remarquable par « son style, qui est pur et serré; par ses tours, qui sont vifs et in« génieux, et par beaucoup de particularités qu'elle nous enseigne. « Mais ce que j'y trouve encore de plus fin et de plus délicat, c'est

que, sans faire semblant d'y toucher, Horace donne ici à Varus « un certain ridicule qui ne peut manquer de divertir, quand on le « connaît. »

V.4. Si Lucine implorée a assisté à de vrais accouchemens. Dacier croit voir ici un reproche à Canidie sur ce que les sorcières feignaient d'être grosses, afin de passer pour les mères des enfans qu'elles dérobaient. Cette explication paraît peu naturelle.

V. 6. La robe prétexte, que les enfans ne quittaient que pour prendre la robe virile, était bordée de pourpre; ainsi cette expression prouve la jeunesse de l'enfant qui parle.

V.57. La rue Subura à Rome était le quartier des courtisanes.

V. 101. L'Idylle de Théocrite, intitulée Simèthe ou l'Enchanteresse, paraît avoir fourni plusieurs idées à Horace pour la

composition de cette pièce extraordinaire.

ODE VI.

Le Cassius Sévère contre qui Horace fit cette ode était un fameux accusateur et un orateur assez redoutable. Quintilien en parle comme d'un homme fort mordant.

V.5. Les chiens molosses étaient très estimés chez les anciens.

V. u. Lycambe avait promis sa fille à Archiloque, et manqua à sa promesse. Le poëte se vengea par une satire. Le père et la fille se pendirent de désespoir.

Bupalus et Anthermus, deux peintres célèbres , s'avisèrent de faire un portrait ridicule du poëte Hipponax. Celui-ci les ridiculisa à son tour, et quelques auteurs prétendent que les deux peintres se pendirent comme Lycambe. Pline n'est pas

de cet avis.

ODE VIII.

Parmi les commentateurs d'Horace il en est un dont le zèle a voulu justifier cet auteur de tous les torts qu'on s'était cru en droit de lui reprocher.

Il entreprend de réhabiliter jusqu'à sa réputation de bravoure, et de détruire le préjugé assez généralement établi contre ses mæurs.

L'ode VIII est très embarrassante pour le commentateur le plus déterminé. Il faut admirer ici la sagacité de Poinsinet de Sivry. Horace, dans cette ode, ne se pique pas de délicatesse ; il reproche à une vieille dame romaine d'avoir les dents noires, le ventre flasque, les cuisses grêles, les jambes enflées, et, pour me servir de la traduction du P. Sanadon, de montrer, au milieu de deus fesses décharnées, un fondement aussi large et aussi vilain que d'une vache qui a le dévoiement. Tout cela n'est pas galant; eh bien! tout cela s'explique et devient une allégorie ingénieuse dans le commentaire de Poinsinet de Sivry. « C'est une satire de Rome

personnifiée, représentée par une dame voisine de ses funérailles, " où elle fera porter les images de ses anciens triomphes, qui a des « meubles de soie, et qui est toute chargée des plus belles perles

celui

« du monde, mais qui, vue à nu, ne présente que l'image de la décrépitude, etc. »

Il y a dans cette pièce plusieurs traits qui, malheureusement, paraissent fort clairs, comme celui-ci : Illiterati num minùs nervi rigent? Tout le monde croit entendre ce vers : point du tout; il signifie « que

les états les plus policés par les lettres sont quelquefois les plus énervés. » Après cela, flattez-vous de comprendre les auteurs anciens.

ODE IX.

V. 8. Horace appelle le mode phrygien barbarim, par une suite du mépris que les Romains et les Grecs avaient pour tous les étrangers.

Au surplus cette distinction des modes a vainement exercé les commentateurs. Il nous suffit ici de savoir que les anciens en avaient trois, le dorien, le lydien, et le phrygien.

V.1. Le jeune Pompée voulait passer pour fils de Neptune.

V. 18. Emancipatus est un terme de droit qui signifie passer au pouvoir de quelqu'un pour lui appartenir.

V. 19. Horace dit que ces soldats portaient des armes et des pieux. On sait qu'outre leurs armes les soldats romains portaient leur pain pour quinze jours, une scie, une hache, une bêche, une faux, une marmite, un panier, une corde, une chaine, et des pieux, vallum.

V. 20. Spadonibus rugosis, des eunuques ridés.

V.24. Le conopée était une petite tente, une cousinière, en usage parmi les femmes d'Égypte.

ODE XI.

Voici une autre découverte de Poinsinet de Sivry:

Petti , nil me, sicut antea , juvat

Scribere versiculos

Amore perculsum gravi. Cela semble clair; mais il ne faut pas s'y tromper. Pettius, selon le commentateur, n'est point un nom propre. « Cette méprise « est injurieuse pour le poëte et pour le bon sens. Encore si elle u était sans conséquence; mais combien n'est-il pas monstrueusement

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