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levait Hélène, lui prédit tous les malheurs qu'entraînera ce crime. Plusieurs commentateurs ont cru que le poëte voulait désigner Antoine et Cléopâtre; mais cette idée, quoique prise dans un manuscrit

que Torrentius appelle optimus ac vetustissimus, ne peut être adoptée, si on remarque que le lâche Pâris ne ressemble nullement au compagnon de César, au vainqueur de Philippes, à Antoine. Au reste, cette ode est dans le

genre
des cantates; et que

dirionsnous si un commentateur voulait absolument trouver une allégorie dans la cantate de Circé ?

ODE XVI,

V. 12. Prométhée.

ODE XVII.

V. 18. Anacréon.
V. 20. Ulysse.

ODE XVIII.

Varus, poëte célèbre, dont les ouvrages sont perdus. Il était parent de Virgile.

V. 1. Tibur, aujourd'hui Tivoli, fut fondé par Catilus, Tibur, et Coras.

V.4. Cette ode commence par un vers traduit d'Alcée. Le poëte grec et Horace nomment la vigne un arbre : Dacier dit

que

c'était un usage général.

On trouve, quelques vers plus bas, une allusion à des usages peu connus. Il paraît qu'aux fêtes de Bacchus on portait en procession des images de ce Dieu fort indécentes ; elles étaient couvertes de feuilles, et les ivrognes les découvraient. J'ai tâché de rendre cette allusion intelligible pour nous.

ODE XXII.

V. 24. Il y a dans le latin Lalagé. Cette Lalagé n'est autre chose, s'il faut en croire le père Hardouin, que la religion chrétienne : il faut se rappeler que ce même jésuite prétendait que

l'Énéide et les odes de notre poëte avaient été faites par des moines des siècles modernes. Lorsqu'on se hasardait à lui représenter que de telles opinions n'étaient pas celles de tout le monde : Croyez-vous, répondait-il, que toute ma vie je me serai levé à trois heures du matin pour ne penser que comme les autres?

ODE XXV.

V. 20. L'Hèbre est un fleuve de Thrace. Horace lui donne l'épithète de compagnon de l'hiver.

ODE XXVI.

Cette ode commence par une imitation d'Anacréon, ode xxxix: Quand je bois, je livre aux vents qui grondent sur la mer les conseils, les inquiétudes, et les soins, »

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ODE XXVII.

Le père Sanadon prétend que cette ode fut faite à table, et il en prouve la possibilité par l'exemple des improvisateurs italiens. Il ajoute qu'il ne craint pas d'être contredit : aussi me contenterai-je de faire une observation.

La seconde partie de cette ode nous paraît fort étrange; mais elle le paraît moins lorsqu'on se rappelle un usage ancien que Dacier a fort bien expliqué en ces termes :

« Ces vers nous fournissent un exemple remarquable de ce qui u se pratiquait dans la débauche, de faire dire à chacun le nom « de sa maîtresse. Celui qui le demandait s'obligeait de boire au« tant de fois qu'il y avait de lettres dans ce nom.

« Souvent même celui qui voulait qu'on bût à la santé de sa u maîtresse se contentait de dire qu'il voulait qu'on bût tant de

fois, afin que par le nombre des coups on devinât le nombre « des lettres, et par le nombre des lettres le nom de celle à qui * on buvait.

« On me demande encore ici une preuve de cette coutume, qui paraît inouie. Elle est aisée; il ne faut que rapporter cette épi“ gramme de Martial, liv. I. : »

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Noevia sex cyathis, septem Justina bibatur,

Quinque Lycas , Lyde quatuor, Ida tribus :
Omnis ab infuso numeretur amica Falerno.

ODE XXVIII.

Cette pièce est d'un genre fort extraordinaire, dont Horace ne nous offre aucun autre modèle.

Il parait que son objet est de peindre Architas réclamant les honneurs de la sépulture. Il faut convenir que ce dialogue ne tient nullement du genre lyrique. Au reste, on ignore dans quelle circonstance il fut composé.

Architas était un géomètre de Tarente, disciple de Pythagore.

V. 16. On sait que Pythagore, pour accréditer son dogme de la métempsychose, se citait lui-même comme un exemple de la transmigration des ames, et prétendait avoir reconnu dans le temple de Junon, à Argos, le bouclier qu'il portait au siége de Troie, lorsqu'il était Euphorbe, fils de Panthoüs.

ODE XXIX.

phie pour

Horace, dans cette pièce, raille Iccius d'avoir quitté la philoso

la
guerre.

ODE XXXI. Auguste avait dédié un temple à Apollon sur le mont Palatin. Il y a apparence que cette ode fut composée à cette occasion.

IMITATIONS.

Plusieurs passages d'Horace ont une telle ressemblance avec des fragmens d'auteurs plus anciens, qu'il serait difficile d'y voir autre chose qu'une imitation; et, quelque soin qu'aient eu les commentateurs de multiplier ces rapprochemens, il est probable que plusieurs des pièces où nous aurions reconnu le modèle de divers passages de notre poëte sont perdues. Il ne faut pas voir toujours une imitation dans ce qui n'est peut-être qu'une ressemblance fortuite; mais la comparaison n'en est pas moins utile; et, pour mettre mes lecteurs à portée de la faire, je leur rappellerai les fragmens des auteurs anciens qu’Horace paraît avoir empruntés, et les passages de nos principaux auteurs modernes dont il a fourni le modèle.

ODE II.

Quam Jocus circumvolat et Cupido. Hésiode avait dit de Vénus : « L'Amour et Cupidon la suivirent « dès qu'elle fut née. » Horace a mis Jocus au lieu de l'Amour; mais on a remarqué que alius est Amor, alius est Cupido : amant sapientes , cupiunt cæteri.

ODE III.

de me

Sic te, diva potens Cypri. On connaît quatre vers de Solon qui ont pu donner l'idée du commencement de cette ode : « Je prie Vénus, qui est couronnée « de myrte, de me faire partir heureusement de cette île, « faire aimer et considérer par-tout, en faveur de ce séjour qui lui « est cher, et de me ramener sain et sauf dans ma patrie. »

C'est Dacier qui a découvert cette imitation. Madame Dacier a trouvé

que
les vers suivans :

Navis , quæ tibi creditum

Debes Virgilium , etc. ressemblent à ceux-ci de Callimaque : « Vaisseau qui emportes tout « ce que j'ai de plus cher, ce qui fait la douceur de ma vie, je te prie, au nom de Jupiter, etc.»

ODE VI.

Martem tunica tectum adamantina. Horace a renchéri sur l'expression d'Homère, chalcochitona , à la cuirasse d'airain.

ODE IX.

Vides ut alta stet nive candidum
Soracte.

Le début de cette ode ressemble à celle-ci d'Alcée : « Tu vois « que les rivières sont prises : chasse donc l'hiver, en faisant grand feu, et n'épargne pas ton vin. »

ODE XII.

Il en est de même du commencement de l'ode : Quem virum aut

heroa, qui paraît imité de la seconde Olympionique de Pindare:

Hymnes sacrés, dominateurs de la lyre, quel Dieu, quel héros, « ou quel homme devons-nous chanter? »

Hunc equis , illum superare pugnis.
Ce vers est à peu près la traduction d'un vers d'Homère.

ODE X V.

Nequicquam, Veneris præsidio ferox,

Pectes cæsariem. Imitation du troisième livre de l'Iliade : « Ta lyre, ta chevelure, « ta beauté, toutes les faveurs de Vénus, te seraient inutiles, si tu “ entrais en lice avec Ménélas. »

ODE XVIII.

Nullam, Vare, sacra vite prius severis arborem, « Ne plantez aucun arbre préférablement à la vigne : » ce sont les premiers mots d'une ode d'Alcée.

ODE XXII.

Dulce ridentem Lalagen amabo,

Dulce loquentem. Ces deux derniers vers, vers charmans, sont traduits de l'ode

de Sapho.

Heureux qui près de toi, pour toi seule soupire,
Qui jouit du bonheur de t'entendre parler,

Qui te voit quelquefois doucement lui sourire. Mais il faut avouer que le bonheur de t'entendre parler ne rend pas la

grace des expressions symétriques du grec et du latin.

ODE XXIII.

Vitas hinnuleo me similis, Chloe. : On trouve dans Anacréon : « Tu es semblable à un jeune faon « qui n'est pas encore sevré, et qui est transi de peur lorsque sa « mère l'a laissé dans la forêt. »

ODE XXVII.

Natis in usum lætitiæ scyphis

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