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Et les Alpes ont vu, sur leur cime effroyable,

Leurs forts conquis par ses exploits.

Bientôt, impatient de gloire et de carnage,
Le premier rejeton de ce sang précieux,
Tibère, combattant sous un auspice heureux, .

Dompte le Rhétien sauvage.

Quel spectacle de voir son bras ensanglanté
Présenter mille morts à la foule ennemie,
A ces fiers étrangers prêts à perdre la vie

En défendant leur liberté!

Pareil à ces autans qui troublent l'onde noire,
Lorsque de Phaéton les seurs brillent aux cieux,
Il pousse son coursier, à travers mille feux,

Dans le chemin de la victoire.

Tel que,

du roi Daunus fendant les champs féconds, L'Aufide impétueux, grossi par les orages, Mugit comme un taureau, submerge ses rivages,

Et détruit l'espoir des moissons :

Tel, et plus furieux, l'impétueux Tibère
Enfonce un mur de fer, moissonne chaque rang;
Et, tandis que des siens il épargne le sang,

Tout barbare mord la poussière.

Vos conseils, vos soldats, vos Dieux, pour ce héros
Étaient les sûrs garans d'une entière victoire;
La faveur de ces Dieux, amis de votre gloire,

N'abandonne point vos drapeaux.

Fortuna lustro

prospera

tertio Belli secundos reddidit exitus, Laudemque et optatum peractis

Imperiis decus arrogavit.

Te Cantaber non antè domabilis,
Medusque et Indus, te profugus Scythes
Miratur, o tutela præsens

Italiæ dominæque Romæ!
Te fontium qui celat origines
Nilusque, et Ister, te rapidus Tigris,
Te belluosus qui remotis

Obstrepit Oceanus Britannis,
Te non paventis funera Galliæ,
Duræque tellus audit Iberia:
Te cæde gaudentes Sicambri

Compositis venerantur armis.

ODE XV.

AUGUSTI LAUDES.

'HOE BUS volentem prælia me loqui, Victas et urbes, increpuit lyrâ, Ne parva Tyrrhenum per æquor

Vela darem. Tua, Cæsar, ætas

Fruges et agris rettulit uberes,
Et signa nostro restituit Jovi

Trois lustres écoulés, une cité puissante
Ouvrit avec terreur son port à vos vaisseaux;
Le sort, au même jour, couronne vos travaux

Par une victoire éclatante.

Dieu visible de Rome et de cet univers,
O notre protecteur, le Scythe infatigable,
Et le Mède, et l'Ibère autrefois indomptable,

L'Indien même est dans vos fers.

Cachant en vain sa source aux monts éthiopiques,
Le Nil subit le sort du Tigre et de l'Ister;
Et les monstres n'ont pu vous fermer cette mer

Qui bat les rives britanniques.

Le Cantabre indocile, et le brave Gaulois
Qui sait donner la mort et la voir sans alarmes,
Le farouche Germain, tous vous rendent les armes,

Et respectent enfin vos lois.

ODE XV.

A AUGUSTE.

Eprise de César, ma Muse allait chanter
Sa gloire et les cités qu'il joint à son empire:

Me frappant de sa lyre,
Apollon m'avertit de ne pas affronter
Un dangereux écueil sur un fréle navire.

Sage prince, par vous, par vos heureux travaux,
Tous les dons de Cérès ont embelli la terre,

Derepta Parthorum superbis

Postibus; et vacuum duellis

Janum Quirini clausit; et ordinem
Rectum evaganti fræna licentiæ
Injecit, amovitque culpas;

Et veteres revocavit artes,

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Per quas Latinum nomen, et Italæ
Crevere vires, famaque et imperî
Porrecta majestas ad ortum

Solis ab Hesperio cubili.

Custode rerum Cæsare, non furor
Civilis, aut vis eximet otium:
Non ira, quæ procudit enses,

Et miseras inimicat urbes.

Non qui profundum Danubium bibunt
Edicta rumpent Julia; non Getæ,
Non Seres, infidive Persæ;

Non Tanain prope flumen orti.

Nosque et profestis lucibus et sacris,
Inter jocosi munera Liberi,
Cum prole matronisque nostris,

Rite Deos priùs apprecati,

Et dans son sanctuaire
Le Dieu du Capitole a revu nos drapeaux
Arrachés des autels du Parthe et de l'Ibère.

Le vice est enchaîné; du temple de Janus
La victoire a fermé la porte menaçante:

La discorde sanglante,
De nos remparts bannie, a fait place aux vertus,
Et vos mains ont dompté la licence insolente.

Rome verra par vous agrandir son destin :
Ces mœurs et ces beaux arts peuvent renaître encore,

Qui des rives du Maure
Portèrent autrefois l'honneur du nom romain
Jusque dans ces climats où naît la jeune Aurore.

Vos mains de la Discorde éteignent les flambeaux.
Elle aiguisait en vain ses parricides armes :

Plus de sang ni de larmes;
Non, la guerre, jamais, de mon heureux repos,
Tant

que César vivra, ne troublera les charmes.

Moins orgueilleux, enfin, le Danube est soumis;
Le Perse, audacieux à franchir nos limites,

Et le Gète, et les Scythes,
Que sur ses flots glacés porte le Tanaïs,
Respecteront les lois que César a prescrites.

Et nous qui jouissons du prix de ses bienfaits, Rassemblant chaque jour nos enfans et leurs mères,

Vers les Dieux si prospères Chaque jour nous verra, dans nos heureux banquets, De la reconnaissance élever les prières.

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