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les événements de toute sorte qui ont précédé ou suivi les annexions sont No. 26. des faits qui rentrent dans le domaine de l'histoire. C'est à elle qu'il appar

reich, tient de juger leur valeur, et nous ne voulons pas empiéter sur ses droits. 27. April Il nous suffira pour le moment de remarquer combien les désordres et les 18 répressions sanglantes dont l'Italie méridionale est aujourd'hui le théâtre forment un contraste marqué avec les brillantes couleurs du tableau tracé par M. de Cavour. Mais ce qu'il m'importe de relever ici, ce sont les passages de la dépêche au marquis d'Azeglio qui ont trait à la Vénétie. Nous devons surtout donner un démenti catégorique à l'assertion qu'il n'y a en Vénétie d'autre régime possible que celui de l'état de siége. Bien qu'habitués à voir nos adversaires manier contre nous l'arme de la calomnie, nous sommes cependant étonnés de trouver un fait aussi notoirement inexact consigné dans un document officiel. L'état de siége, levé presque immédiatement après la cessation des hostilités en 1859, n'a été depuis lors établi sur aucun point de nos provinces italiennes. Quant aux autres reproches adressés à l'administration autrichienne en Vénétie, je ne puis que me référer à mes dépêches antérieures sur ce sujet. Elles ont déjà placé depuis longtemps à la disposition de Votre Excellence des matériaux suffisants pour que vous puissiez, M. le comte, rectifier les impressions erronées qui ont été répandues dans le public, et rejeter sur qui de droit la responsabilité d'un état de choses qui met obstacle à la réalisation complète des généreuses intentions de l'Empereur, notre auguste maitre. | Nous nous dispenserons donc d'énumérer une fois de plus toutes les difficultés qui nous sont suscitées de dehors, toutes les menées provocatrices des comités qui s'organisent et qui fonctionnent sous les yeux du gouvernement piémontais, en un mot, toutes les manoeuvres coupables qui sont mises en jeu pour paralyser et rendre impossible toute action conciliante, pour exciter et entretenir la fermentation dans les populations, et les représentant comme gémissant sous un joug intolérable. Si les sujets italiens de l'Empereur ne profitent pas entièrement des bienfaits accordés aux autres parties de l'Empire, il faut l'attribuer aux effets de ces instigations perpétuelles venues du dehors. | Nous sommes surpris, du reste, que M. de Cavour continue à affecter tant de considération pour de soi-disant victimes du régime militaire, lorsque le gouvernement piémontais ne recule devant aucune des rigueurs de ce régime que ses agents appliquent si rigoureusement dans l'Italie méridionale. Le retentissement des fusillades dans les Abruzzes aurait pu, ce nous semble, couvrir maintenant à Turin les cris de douleur dont on faisait naguère tant de bruit. | Mais le dernier grief que M. de Cavour élève contre nous est celui de tous qui me paraît le plus étrange. Si, pour me servir des propres expressions de M. de Cavour, la position que le traité de Zurich avait établie entre le gouvernement de l'Empereur et celui du roi Victor-Emmanuel se trouve maintenant sensiblement modifiée, si cette position est anomale, difficile est dangereuse, à qui donc en est la faute? Si le roi Victor-Emmanuel a signé les préliminaires de Villafranca, et si, avant même que ces préliminaires eussent eu le temps d'être convertis en un traité de paix définitif, les actes du Piémont étaient en contradiction formelle avec les stipu

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1861.

No. 26. lations qu'il s'était engagé à respecter; si enfin, par suite de ces mêmes

h actes, plus d'un article du traité de Zurich, accepté par le Piémont, est 27. April resté à l'état de lettre morte, sur qui doit retomber la responsabilité des

conséquences? Si c'est un tort aux yeux de M. de Cavour d'avoir pour
soi des droits reconnus, des droits incontestables, si c'est un tort d'avoir
constamment fait preuve de modération et d'un amour sincère de la paix
en se bornant à opposer des réserves et des protestations aux violations de
droit les plus flagrantes, alors nous devons reconnaître que nous avons en
effet des torts dont nous ne saurions nous disculper. Il serait trop long
d'examiner ici en détail tous les actes du Piémont et de mettre ses torts
en regard de ceux qu'il nous attribue. Je me contenterai donc d'ajouter
que nous pouvons en appeler sans crainte au jugement de tout esprit im-
partial, et demander hautement si ce sont des actes de l'Autriche qui,
depuis la paix de Zurich, ont ensanglanté l'Italie et continuellement menacé
la tranquillité de l'Europe. | Telles sont, M. le comte, les réflexions que
j'ai cru devoir vous communiquer. Je vous invite à vouloir bien en faire
usage auprès de lord John Russel lorsque vous aurez occasion de vous
entretenir avec lui des affaires d'Italie. | Recevez etc.
A M. le comte Apponyi à Londres.

Rechberg.

No. 27.

Italien,

1861.

ITALIEN. – Min. d. Ausw. an die Königl. Preussische Gesandtschaft in Turin. -
Entziehung des Exequatur für die Consuln von Bayern, Württemberg und
Mecklenburg betr. –

Turin, 29 mai 1861. No. 27. Monsieur le Comte, le Ministre du Roi auprès de la Diète Germanique 29. Mai s'est trouvé naguère dans le cas de devoir adresser, par ordre du Gouver

nennent de Sa Majesté, quelques lettres rogatoires et autres pièces judiciaires, concernant des intérêts particuliers, à MM. les Ministres de Bavière, de Wurttemberg et de Mecklembourg accrédités à Francfort, avec prière de vouloir bien y faire donner suite dans leurs Etats respectifs. || Les Envoyés de ces Puissances refusèrent de déférer à la demande de M. le Comte de Barral, et se hâtèrent de lui faire retour les documents en question, en alléguant pour motif de leur refus la circonstance que le pli qui les contenait portait le cachet de la Légation de S. M. le Roi d'Italie, titre qui pour nos Représentants à l'étranger, est le seul possible, puisque il leur est prescrit par une loi qui a reçu la sanction des pouvoirs constitutionnels de leur pays. I M. le Ministre de Bavière ne voulut même pas ouvrir la communication qui lui était adressée, et au lieu d'en énoncer par lettre et d'une manière polie les motifs, se borna à faire dire par son Secrétaire au Ministre de S. M. qu'il ne connaissait pas la Légation d'Italie à Francfort. 9 De leur part les Envoyés de Wurttemberg et de Mecklenbourg, tout en donnant une forme plus convenable à leur réponse négative n'en prétextèrent pas moins les mêmes raisons que leur Collègue de Bavière. Cet acte que la nature même de la communication qui en était l'objet n'aurait aucunement

Italien, 29. Mai

permis de prévoir, a nécessairement dù nous causer une juste et pénible No. 87. surprise. Le Gouvernement du Roi, vous en êtes informé, Mr. le Comte, s'est soigneusement abstenu de faire auprès des Puissances Allemandes aucune 1861. démarche qui parût les mettre en demeure de reconnaître le Royaume d'Italie. Moins encore voudrait-il essayer d'en obtenir la reconnaissance d'une façon subreptice. | Attachant un haut prix à leur amitié, confiant en même temps dans leur loyauté et dans leur sagesse, il a déclaré au contraire qu'il les laissait complètement juges du moment où elles penseraient pouvoir reconnaître le nouveau titre du Roi, et de le reconnaître de la seule manière qui puisse convenir à leur dignité et à la nôtre, c'est-à-dire, ouvertement et officiellement. Cette conduite de déférence et de réserve nous l'avions gardée et étions disposés à la garder encore, surtout envers les Gouvernements dont il s'agit et nommément envers la Bavière, pour leur témoigner tout le compte que nous faisions ou des circonstances de leur politique, ou de leurs liaisons de famille. Mais si nous ne prétendons aucunement leur imposer une décision quelconque, nous ne saurions souffrir qu'ils répondent à nos ménagements par un procédé dans lequel on chercherait en vain le respect des convenances. | Ce procédé d'ailleurs est d'autant moins justifiable que l'Autriche même qui avait non seulement nettement signifié ne pas reconnaître le nouveau Royaume, mais qui avait formellement protesté contre tous les changements intervenus en Italie après la paix de Villafranca, toutefois pour ne pas troubler entre les deux pays les relations individuelles et commerciales, avait pris l'initiative de permettre à ses agens de viser les passeports et autres documens émanés de nos chancelleries, lors même qu'ils porteraient l'intitulé de Roi d'Italie. | Ne pouvant en conséquence demeurer indifférent à des actes blessants et qui constituent évidement une atteinte à la dignité de Sa couronne, le Roi, mon auguste Souverain, a pris la résolution de retirer l'exéquatu rà Messieurs les Agents consulaires de Bavière, de Wurttemberg et de Mecklenbourg en Italie. Je crois devoir porter cette décision à la connaissance de Votre Excellence, parce que, d'après les informations que dans d'autres circonstances, Elle a bien voulu me donner, il en résulterait que Votre Excellence a été autorisée à se charger de la protection officieuse des sujets des puissances formant partie de la Confédération Germanique, lorsque, par une raison quelconque, elles n'auraient point d'agent diplomatique ou consulaire en Italie. | En vous priant, Mr. le Comte, de vouloir bien en informer Votre Gouvernement, j'aime à nourrir la confiance que le Cabinet de Berlin saura apprécier convenablement la conduite des Etats que je viens d'indiquer, et la mesure que : leurs procédés nous ont forcés à prendre. J'ai l'honneur etc. A S. E. M. le Comte Brassier de St. Simon.

Cavour.

No. 28.

1861.

GROSSBRITANNIEN. - Der k. Gesandte in Bern an den Bundespräsidenten der
Schweiz. – Die Vorgänge bei der Annexion Savoyens an Frankreich betr.

British Legation Bern, June 13 1861.
No. 28. Excellency,—I have read with no little surprise a passage which
Grossoni: occurs in the report of the Political Department which it is proposed to

submit to the Federal Assembly at their meeting on the 1st of July, and which has been officially published in the Feuille Fédérale. I allude to a paragraph in that portion of the report which relates to the question of Savoy at the bottom of page 866, to this effect: „En terminant ce chapitre nous „croyons que l'impartialité de cet exposé nous fait un devoir de ne pas „passer sous silence que de la part de la France il a été à réitérées fois „affirmé que l'opposition absolue de l'Angleterre à toute annexion a mis la „France dans l'obligation de retirer sa parole donnée en Février,“ namely of the cession of North Savoy to Switzerland. 1 I have carefully read the voluminous correspondence which has been published relating to this question, and nowhere do I find this motive assigned or even hinted at by the French Government as a reason for withdrawing their promise. On the contrary I find repeatedly asserted that the sole reason for so doing was that the people of Savoy were averse tho the dismemberment of their country.

This is clearly set forth in the dispatch of M. Thouvenel to M. Tillos, the French Chargé d'Affaires at Bern, dated March 13th 1860, in which the Minister details a conversation which he had held with M. Kern at Paris, remarkable for its unreserved tone. In the interviews between M. Thouvenel and M. Kern on the 5th and 15th of March, and in that between the French Emperor and General Dufour alluded to in the previous pages of the report, this again is alone put forward as the obstacle to the promised cession of Chablais and Faucigny to Switzerland. Not a word is said of the opposition of England. || Indeed it is impossible to understand how the course pursued by Her Majesty's Government can have had any in. fluence in preventing that of France from fulfilling their promise to Switzerland. | Her Majesty's Government has always pursued a consistent and straightforward course in this matter, and I cannot state their views more clearly than by quoting the words of a Despatch addressed by Lord John Russel on March 21st 1860 to the Representatives of Her Majesty at the Courts of Vienna, Berlin and St. Petersburgh, and which is to be found at Page 19 in Part VI. of the Bluebook which I am aware is in the possesion of the Federal Council. The first paragraphs of that dispatch are these:

„The question relating to Savoy must be considered under two different „aspects, the one as involving the territorial aggrandizement of France, the „other as impairing the security which Switzerland derives from the pro„visions of the Treaties of 1815 respecting certain districts of Savoy.“ | His Lordship then proceeds to propose „that a Prince of the house of Savoy should reign over that country subject to the engagements relative to the Neutral Territory: but, if that should not be acceded to, then transfer to

Savoyische Frage. Militairconvention zwischen Preussen und S.-Coburg-Gotha vom 1. Juni 1861.

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13. Juni

an incorporation with the Swiss Confederation of those districts of Savoy No. 28. to which the guarantee of the Treaties of 1815 applies. q It is evident Grossbrit. then that Her Majesty's Government, far from opposing such an arrange. 1861. ment, warmly advocated it, and as the vote of the people of Savoy did not take place till the 22nd April and M. Thouvenel had intimated that the cession of those provinces to Switzerland could only definitively take place after the Convention with the Court of Turin and the vote of the people of Savoy, there was obviously ample time for France to have fulfilled her promise made to Switzerland in the previous month of February. Your Excellency and the Federal Council are well aware of the correctness of what I have stated above and thinking it highly desiderable that the Federal Assembly and the people of Switzerland should not be led to adopt erroneous conclusions by this paragraph in the report, I have been induced to address this Despatch to Your Excellency. That Her Majesty's Government have not been instigated in the course they have pursued by a vain jealousy of France, or any wish to injure the friendly relations of that country with Switzerland, the proof appears (if indeed it be needed) in the friendly part which I was instructed to take in the matter of the late reclamations of the Government of France for alleged ill usage to French subjects. Her Majesty's Government has been alone animated by a desire to maintain that balance of Power so essential to the Peace and welfare of Europe, and to secure the bona fide Neutrality and Independence of this free country to which England is attached by centuries of friendship and goodwill. II avail myself etc. AS. E. M. Knüsel, Président

E. A. J. Harris. de la Confédération Suisse.

No. 29.

PREUSSEN und SACHSEN-COBURG.GOTHA. – Militair-Convention vom 1. Juni 1861.*)

[Im Auszuge.] Seine Majestät der König von Preussen und Seine Hoheit der Herzog No. 29. von Sachsen-Coburg-Gotha, von dem Wunsche geleitet, die Wehrhaftigkeit Deutschlands durch praktische militairische Einrichtungen möglichst gesteigert zu sehen, und von der Ueberzeugung durchdrungen, dass dieser Zweck besonders gefördert werde, wenn die kleineren Bundescontingente sich in ihrer Organisation dem militairischen System der ihnen zunächst stehenden Armee einer der beiden deutschen Grossmächte, soweit als möglich annähern, haben beschlossen, in diesem Sinne , jedoch unbeschadet der Bestimmungen der

*) Um die Verwirklichung des durch die obige Militairconvention erstrebten Zieles so schnell als möglich herbeizuführen, ist ebenfalls unter dem 1. Juni 1861 zu Berlin eine besondere Uebereinkunft, betr. den Eintritt des Herzoglichen Officiercorps in die Preussische Armee und die Verpflichtung Preussens zur Erhaltung und Ergänzung desselben, abgeschlossen worden. Diese Nebenconvention tritt am ). Juli 1861 in Kraft.

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