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LU A LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE DE L'UNIVERSITÉ. CATHOLIQUE DE

LOUVAIN, DANS LES SÉANCES DU 14 ET DU 28 MARS 1841,

PAR H. B. WATERKEYN,

PROFESSEUR EXTRAORDINAIRE DE MINÉRALOGIE ET DE GÉOLOGIE, SECRÉTAIRE
DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, MEMBRE ACTIF DE LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE.

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APPROBATION.

Opus quod inscribitur : De la Géologie et de ses rapports avec les Vérités révélées, Mémoire lu à la Société littéraire de l'Université Catholique de Louvain dans les séances du 14 et du 28 Mars 1841, par H. B. Waterkeyn, Professeur extraordinaire de Minéralogie et de Géologie, Secrétaire de la Faculté des Sciences, Membre actif de la Société littéraire, ex auctoritate Eminentissimi ac Reverendissimi Cardinalis Archiepiscopi Mechliniensis et legum academicarum præscripto recognitum, quum fidei aut bonis moribus contrarium nihil continere visum fuerit, imprimi potest.

Datum Lovanii die 25 mensis Junii 1841.

P. F. X. DE RAM, Rect. Univ.

DE LA GÉOLOGIE

ET DE SES RAPPORTS

AVEC LES VÉRITÉS RÉV É LÉ E S.

I. L'INTÉRÊT qui se rattache à tout ce qui se rapporte à l'histoire des origines a dû éveiller, dès la plus haute antiquité, le désir de remonter aussi jusqu'à elles dans l'étude de l'histoire de notre globe. Aussi la cosmogonie occupait-elle une place importante dans les spéculations des philosophes de l'antiquité; et, ce qui est digne de remarque, c'est que nous trouvons dès lors dans les écoles le germe des deux théories opposées qui, de nos jours encore, se sont disputé la préséance. Les uns regardaient la terre comme ayant été originairement recouverte par les eaux et comme s'étant formée dans leur sein; d'autres présentaient le feu comme le principe de toutes choses. « Au reste il serait oiseux de chercher la moindre notion d'une géologie positive chez des philosophes qui, dédaignant la connaissance des faits, étaient entièrement livrés à leur imagination et ne faisaient cas que de ses productions. Ils s'exercèrent à l'envi pour imaginer des hypothèses sur la formation de la terre, et ils parcoururent presqu'en entier le cercle des choses possibles. Aussi y a-t-il peu de vérités générales auxquelles les travaux et les sciences modernes nous ont conduits, dont on ne retrouve les indices et quelquefois même l'énoncé positif dans leurs écrits; mais elles n'y portent pas sur des fondements plus solides que les erreurs au milieu desquelles elles sont avancées (1). »

Je ne m'arrêterai pas à vous présenter la suite des différents systèmes qui ont été proposés pour expliquer la formation de notre globe. Je me hâte d'arriver à cette époque où les savants, loin de se borner à imaginer des théories plus ou moins hardies et quelquefois fondées sur des faits particuliers souvent mal observés, se sont attachés à étudier en détail les diverses parties qui composent l’écorce de notre planète et à réunir ainsi les données indispensables pour la solution du problème de la géologie.

C'est aux travaux exécutés dans l'exploitation des mines que nous devons les premières observations de cette nature. Profitant des avantages que leur présentaient ces exploitations nombreuses en Suède, en Allemagne et en Angleterre, plusieurs savants s'occupèrent de donner la description minéralogique des terrains de ces pays. D'un autre côté des voyageurs instruits s'attachèrent à l'étude du sol des contrées qu'ils parcouraient. Pallas consigne dans ses écrits des observations importantes sur la Sibérie et quelques autres parties moins connues de la Russie. Les voyages qu'il fait dans les Alpes donnent à Saussure des titres à la reconnaissance des savants, par un grand nombre de faits minéralogiques importants, par des observations géologiques d'un haut intérêt et par quelques excellentes digressions sur divers points de la physique du globe. Werner rend des services signalés à la science en réunissant dans un corps de doctrine tout ce que ses propres

(1) D'Aubuisson DE Voisins, Traité de géognosie, tom. I, p. VII.

observations et celles de ses dévanciers lui avaient appris sur la composition, la structure et la position des diverses masses minérales. Formés à son école, les de Humbold, les de Buch etc. se partagent les diverses parties du globe et pénètrent même dans le nouveau monde, ils remplissent les archives de la minéralogie de leurs nombreuses observations. De nos jours encore les hommes les plus éminents s'efforcent avant tout d'observer les faits nombreux et intéressants qui se présentent dans la structure du globe. En comparant les observations, ils déterminent les rapports de situation des diverses substances minérales; profitant de la connaissance de ces rapports, ils vont à la recherche de ces richesses inépuisables que le Créateur a enfouies dans les entrailles de la terre. Enayant égard aux lois qui règlent de nos jours les phénomènes de la nature , ils recherchent les causes qui ont présidé à la formation et à la disposition actuelle des diverses masses minérales; ils appellent notre attention sur les témoignages innombrables de sagesse et de puissance qui se manifestent dans la structure de notre planète et dans les êtres organisés dont elle renferme les débris. Lors même que, s'appuyant sur des observations bien constatées et recueillies dans les localités les plus éloignées, ils proposent une théorie sur les causes qui ont amené l'état actuel de la terre, ils ne laissent pas de considérer ces explications comme des essais encore imparfaits d'une théorie complète et définitive.

C'est cette manière d'envisager la science qui a conduit les savants modernes à diviser la géologie en deux branches distinctes : la géognosie, qui a pour objet la connaissance de la structure de la partie de l'écorce terrestre qui est accessible à nos recherches, et la géogénie, qui recherche l'origine même de notre globe et les causes qui ont présidé à la formation de ses diverses parties. La géognosie nous fait connaitre les di

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