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COMPLÈTES

DE M.T. CICÉRON,

TRADUITES EN FRANCA

LE TEXTE EN REGARD.

Ille se profecisse sciat , cui Cicero valde placebit.

QUINTIL. lib. X, cap. I.

TOME SECOND.

PARIS,

AUX DE PENS

DE F.-I. FOURNIER, LIBRAIRE, RUE POUPÉE,N°: 7.

M. DCCC. XVI.

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Cet ouvrage, le premier essai de la jeunesse de Cicéron, et qui l'est aussi de la mienne, n'est qu'un extrait rapide des leçons de ses maîtres et des ouvrages des rhéteurs grecs admis dans les écoles romaines. Il était divisé en six livres. Les quatre derniers sont perdus. Ceux qui restent, traitent de l'Invention ou de la Recherche des Preuves, et de la Disposition, et renferment une foule de lieux com'muns. Cicéron a laissé sur l'art oratoire, plusieurs ouvrages écrits avec autant d'agrément que de profondeur ; mais dans cette ébauche imparfaite et grossière, échappée à sa jeunesse *, et je me sers ici de ses propres expressions, rien ne déguise l'aridité du précepte, et ne sauve de l'ennui des formes didactiques. Sa marche d'ailleurs n'est pas toujours assurée, et j'ai peut-être acquis, en le traduisant, le droit de le trouver quelquefois diffus. Un ou deux morceaux assez riches d'expressions et d'harmonie, surtout le préambule du premier Livre, ne me paraissent pas justifier les éloges que Desmeuniers donne au style en général, qu'il trouve soigné et très-brillant.

Muns

* Quce pueris aut adolescentulis nobis ex commentariolis nostris ina choala ac rudia exciderunt, etc. (De Orat. lib. I. No. II.)

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C'est la première fois que tout ce qui nous reste de l'Invention paraît en francais. La nature de l'ouvrage, et surtout la mutilation, expliquent assez celle indifférence; car il ne m'est pas permis de croire que tant d'habiles et laborieux traducteurs aient été rebutés par la difficulté. Il me semble pourtant que la curiosité seule et le plaisir de comparer Cicéron avec lui-même, de voir ce qu'avait ajouté à l’art oratoire, après quarante années d'expérience, le génie le plus universel que Rome ait enfanté, auraient dû encourager à cette pénible entreprise.

Desmeuniers s'est contenté de traduire le pre bule de chaque Livre. En 1813, M. Abel Lonqueue, ancien professeur de rhétorique, publia une traduction du premier Livre. Le second, qu'il trouve plein de métaphysique, de répétitions et de subtilités, et qui ne présente , dit-il, qu'une explication fort diffuse et fort obscure de certaines règles établies dans le premier, ne lui a pas paru digne de son attention. Par un contraste assez remarquable, ce second Livre, qu'il traite avec tant de rigueur, est précisément celui auquel Desmeuniers donne la préférence.

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Non nostrum inter vos tantas componere lites.

Le travail de M. Abel Lonqueue , que je ne me permettrai pas de juger, n'a pu me servir : j'avais achevé ma traduction toule entière quand la sienne a paru. Depuis ce temps, elle était restée dans mon

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