leslas ni, Kasimir, oublié lors de la répartition du patrimoine royal.
La perte des pays slaves situés sur l'Oder et occupés par les Allemands figure encore au nombre des calamités qui pesèrent alors sur la Pologne démembrée et chancelante. C'était l'époque où la frénésie des croisades soulevait de toutes parts les haines religieuses, et où, à la voix de l'éloquent abbé de Clairvaux, la chrétiente entière s'abandonnait pour la seconde fois à l'idée fixe d'arracher aux infidèles la terre sainte. Lacroix, mise en avant, fut suivie de milliers de combattants de toutes nations, que décimèrent un climat insalubre et le glaive musulman. Pendant ce temps, les Allemands entreprirent une conquête plus facile, celle ues contrées habitées parles païens le long du littoral de la Baltique. Ils y parvinrent, et ces pays, privés de leur mdépendance, se virent peuplés de colons allemands , qui, avec le temps, envahirent toute la partie occidentale de la Léchie et occupèrent presqu'en totalité les ports de mer : perte irréparable pour la Pologne.
L'Allemagne devint donc ainsi, du côté de l'occident, voisine sur tous les points de la Léchie ; mais, pendant longtemps, ce rapprochement ne présenta aucun danger; car l'Empire et Rome étaient alors absorbés par les luttes sanglantes entre les Guelfes et les Gibelins, luttes dans lesquelles le pouvoir impérial, affaibli déja par les guerres pour les investitures, lut, en dernière analyse, ruiné par la politique italienne et l'intérêt des seigneurs allemands.
Les pertes que la Pologne fit à cette époque rendirent Boleslas odieux à la nation ; et un parti puissant, formé à Krakovie, offrit la couronne suzeraine au dernier des cinq fils du feu roi, devenu, comme on f'a vu précédemment , duc de Sandomif ; mais Kasimir la refusa.
Boleslas IV mourut en 1173.
1173-1177. Leduc de la grandePologne, Miéczyslas III, dit le Vieux , et troisième fils de Boleslas III, prit les rênesde l'Étataprès lamort de son frère.
Jaloux de réunir en un seul faisceau les parties éparses de la monarchie, il poursuivit ce projet avec trop de dureté , et accabla le peuple de tant d'impôts , que les magnats, ayant à leur tête l'évëque de Krakovie Gédéon , le déposèrent du trône, qu'ils confièrent à son frère puîné le duc de Sandomir.
Miéczyslas se montra tout à fait indigne de gouverner la nation, car, peu de temps après, le jugeant corrigé, elle le rappela au pouvoir; mais elle dut encore sévir contre lui. Le même cas se présenta à diverses reprises durant les règnes éphémères de Miéczyslas; et, dans un espace de vingt-neuf ans, il fut quatre fois exilé par les Polonais, et quatre fois il parvint à ressaisir, à force d'intrigues, un sceptre qui lui échappait bientôt, grâce à ses débordements et à ses crimes.
1177-1189. Il était temps que Kasimir II vînt cicatriser les plaies de la patrie. Digne de sa mission de réparation , il entreprit avec un zèle et une persévérance infatigables la guérison des désastres nés des abus et de l'anarchie ; la classe des paysans attira surtout son attention, et il sut mettre un terme aux exactions des grands, qui avaient réduit à la misère cette classe si intéressante du pays. Les réformes salutaires que ce souverain introduisit dans toutes les parties du royaume lui valurent, comme une digne récompense, le surnom de Juste.
FORMATION DU SENAT POLOITA.IS.
1180. C'est de cette époque que l'on peut dater la première origine du sénat polonais. Par les soins de Kasimir II, une espèce de synode fut convoqué à Lenczyça, et le clergé le présida en sa qualité de seul corps lettré. Entre autres points, on y discuta les moyens d'assurer l'état des cmetons ( paysans) contre l'oppression des nobles, et de mettre à l'abri de toute atteinte les biens posthumes du clergé. Les mesures adoptées devinrent lois du royaume, et reçurent la sanction du pape Alexandre III.
Cette première assemblée ayant porté fruit, d'autres lui succédèrent par la suite; et les décisions qui émanaient de ces synodes obligeaient toute la Léchie. IMais la classe nobiliaire y étant trop faiblement représentée, comparativement aux votes des prelats, il se forma bientôt à leur place un conseil ou sénat, composé des évêques, des magnats et des grands fonctionnaires du pays, et dont l'avis tint lieu de contre-poids à la puissance souveraine.
Si ce sénat rendit d'abord des services , il ne tarda pas à miner le pouvoir qu'il était chargé d'éclairer et de soutenir. Son consentement devint indispensable pour déclarer la guerre, et toute loi n'était réputée telle qu'après avoir reçu sa sanction. D'empiétement en empiétement, il en vint à se mêler de la suprême judicature, jusqu'alors attribution exclusive de la couronne; et, par la suite, les grands se partagèrent de vastes domaines dont les propriétaires primitifs, les cmetons (paysans), passèrent ainsi sous une autre autorité que celle du souverain. Le droit de juridiction dans ces mêmes terres fut concédé aux grands par les princes intéressés à obtenir leurs suffrages; et ces derniers leur permirent d'y élever des châteaux forts, les tenant quittes de toutes redevances publiques, qui retombèrent nécessairement à la charge des classes inférieures. De semblables mesures devaient amener des résultats bien funestes et faciles à prévoir.
Kasimir II, que la Providence aurait dû conserver plus longtemps pour le bonheur de la Pologne, mourut subitement en 1194, après avoir vaincu les Prussiens et les Iadzvingues, et conclu(1193) un traité avec la Hongrie, qui fixait aux Karpathes la limite des deux royaumes. Il fut regretté de ses sujets, qu'il avait gouvernés avec justice et bonté.
LESZEK LE III.ANC. Iig4-I227.
Les grands du royaume, considérant le trône comme héréditaire, élu
rent le fils de Kasimir, Leszek le Blanc, prince en bas âge, et auquel ils donnèrent pour conseil de régence la reine mère, les évêques et les palatins. Le sénat se trouvait donc dès lors au pouvoir, mais les droits du jeune prince furent contestés par un compétiteur remuant; Miéczyslas le Vieux, son oncle, appela aux armes les nobles de la grande Pologne, et se fit soutenir dans ses prétentions par le staroste de Poméranie, Mestwin, et les ducs de Silésie. Le palatin de Krakovie, Nicolas, et celui de Sandomir, Goworek, commandaient les armées de Leszek , qui avait pour auxiliaire le duc de Russie Roman. Une rencontre sanglante eut lieu à sept lieues de Krakovie (1196) ; la victoire y couronna les drapeaux du palatin Nicolas, et Miéczyslas, grièvement blessé, vit périr sous ses yeux son propre fds; mais les Silésiens ayant battu Goworek, les chances se trouvèrent balancées et amenèrent des négociations.
Le rusé Miéczyslas offrit d'accepter une simple couronne viagère, qui reviendrait après sa mort a Leszek , et réussit, par ce moyen, à se rallier les esprits et à s'emparer du pouvoir souverain (1200); mais, n'ayant pas rempli les conditions stipulées, il fut expulsé pour la troisième fois de Krakovie. Leszek lui succéda, et, après un court règne, dut encore céder la place à Miéczyslas, qui était parvenu a détacher du parti de la régente le palatin Nicolas, dont il se fit un appui pour remonter la quatrième fois sur le trône. IL. l'occupa quelques mois seulement et jusqu'à sa mort, survenue en 1201.
Le palatin Nicolas, plus puissant que jamais, et jaloux de l'influence qu'exerçait sur Leszek le vieux palatin Goworek, mit pour condition expresse du nouvel avénement du prince au trône , l'exil de celui qui lui portait ombrage; mais Leszek aima mieux renoncer à la couronne, et la voir poser sur le front de Wladislas , second fils de Miéczyslas le Vieux, que de se séparer de l'ami et du guide de sa jeunesse.
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VVladislas, dit Jambes Déliées (Laskonogi), voulut, durant un règne de trois années, procéder à la réforme des abus du clergé; mais cette intention lui coûta cher. Le pouvoir clérical lui déclara une guerre ouverte, et le grand faiseur de rois, le palatin Nicolas , offrit encore une fois le sceptre à Leszek, qui, venant de remporter la glorieuse victoire de Zawichost ( 1205) sur le duc de Halicz, Roman , s'était attiré l'affection des Polonais. Wladislas , doué d'un désintéressement peu commun, abdiqua sans difficulté (1206), et se retira à Posen, où il finit ses jours.
Leszek le Blanc, trop doux et trop conciliant de caractère, marcha de faute en faute. Il céda, en 1207, à son frère Conrad le duché de Mazovie, avec la Kuiavie; confia la Poméranie à Swientopelk, et imprima une fausse direction aux affaires de Halicz (Russie rouge), principauté qui relevait de la double influence de la Pologne et de la Hongrie. A la suite d'arrangements , la principauté de Wladimir fut donnée à Daniel, fils du duc Roman , tué à la bataille de Zawichost, et celle de Halicz cédée au fils du roi de Hongrie , Coloman, qui épousa la fille de Leszek, Salomée. Il est vrai que les persécutions qu'exerça Coloman dans le pays décidèrent m'entôt Leszek à s'unir avec Mstislaf, duc russien sur la Klazma, pour le chasser de Halicz, et rendre cette couronne au prince Daniel, devenu majeur; mais le règne transitoire de Coloman, fait historique peu significatif par lui-même, a eu depuis une grande portée (*).
INTRODUCTtOir DES CHEVALIERS TIUTONIQUES.
1225. Le duc de Mazovie, Conrad , frère de Leszek le Blanc, ne pouvant
(*) Lorsqu'en 1772 l'Autriche voulut donner un simulacre de droit à son usurpation du territoire polonais, elle s'appuya sur ce règne éphémère de Colornan qui semblait prêter à la Hongrie et à ses souverains un titre sur la Halicie (Galicie).
se défendre efficacement contre les Prussiens idolâtres, qui le pressaient vivement et le rançonnaient, résolut d'organiser une milice religieuse. Il appela d'abord à lui un certain nombre d Allemands parmi ceux qui avaient accompagné, en Livonie, l'abbé Berthold , fondateur de Riga (1200), pour y propager le christianisme; mais cette milice, à laquelle le duc donna la terre de Dobrzvn, succomba bientôt sous les coups des païens. Alors Conrad , loin d'être rebuté par un si triste résultat, eut recours aux chevaliers teutoniques.
La fondation des divers ordres religieux qui se rendirent célèbres en ces temps reculés, eut lieu à la suite de la croisade entreprise par Baudouin, roi de Jérusalem. On comptait au premier rang les Templiers, créés par Hugo de Pagance et Godefroy de Saint-Adhémar, en 1128, et les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard Chevaliers de Malte, dont le chef fut Gerard Tung.
A leur exemple, les Allemands, qui avaient suivi la croisade sous le commandement de l'empereur Barberoussc, se réunirent en communauté, mi-religieuse, mi-guerrière, en 1190, et eurent pour premier grand maître Henri Walpot de Passenheim, lequel fonda, à Samt-Jean d'Acre, un temple et un hôpital. Les membres de cet ordre suivaient la règle de saint Augustin' et portaient l'habillement blanc, orné d'une croix noire. Le pape Célestin III et l'empereur Henri VI leur donnèrent à desservir l'hospice de Jérusalem, d'où ils prirent le nom de Frères de l'hospice de la Sainte f'ierge Marie de Sion. Quand la terre sainte eut été enlevée aux croisés, le quatrième grand maître teutonique, Hermann Saltza, se réfugia à Venise, puisàMarbourg, où la munificence des princes allemands lui procura une vie douce et opulente (*).
(*) SigfWed Feuchtwangen, douzième grand maître teutonique, transféra sa i-csidence de Marbourg à Malborg ou Marienbourg. Les hostilites entre la Pologne et cet
Ce fut vers cette époque que le duc de Mazovie invoqua l'appui de cet ordre, qui, trouvant un intérêt réel dans les propositions faites, répondit vivement à l'appel (1225). Conrad lui offrit d'abord le château de Dobrzyn, et, peu de temps après, les terres" de Culm et de Michalow. En échange, les chevaliers teutoniques s'engagèrent à combattre les païens et à restituer les dites concessions, une fois la guerre terminée : en cas de succès, la moitié des pays conquis devait leur appartenir, et l'autre au duc de Mazovie; ils renonçaient à toute prétention ou demande' en cas de non réussite. Ce traité reçut l'approbation du pape Honorius III, charmé de ratifier un tel triomphe du pouvoir religieux, et fut confirmé également par l'empereur d'Allemagne Frédéric II, qui croyait y apercevoir un moyen sûr d'étendre son influence en Pologne.
Bientôt les Allemands accoururent en foule et se propagèrent dans la Prusse entière, où ils fondèrent cette puissance teutonique, qui, tout en soumettant les païens, sut s'étendre aux dépens des voisins, et devint, plus tard , l'ennemie acharnée de ses bienfaiteurs.
MORT DE LESZEK LE BLANC.
1227. Tandis que l'imprévoyant Conrad introduisait dans ses États une communauté dangereuse, un autre ennemi nourrissait aussi contre la Pologne d'ambitieux et sinistres projets. Swientopelk, que Leszek avait nommé gouverneur de la Poméranie, résolut d'exploiter la faiblesse et la douceur de ce prince; il demanda donc pour lui et ses descendants le titre de duc, et cessa d'envoyer les impôts lorsque sa requête lut repoussée. Leszek convoqua alors une assemblée à Gonsawa, et il voulait y terminer en même temps les différends survenus entre les ducs de la grande Pologne. Swientopelk ne s'y trouva pas, mais, pénétrant secrèteordre ambitieux durèrent pendant plus d'un siècle et demi, et ne finirent qu'à la paix de Thorn en 1466.
ment dans la ville, il profita d'un moment où Leszek était au bain et l'assassina de sa propre main.
Ainsi périt misérablement ce prince, dont l'historien Naruszewicz a si bien dit qu'il eût été l'homme le plus digne du trône s'il n'eût jamais régné (*).
L'assassin se revêtit de la mitre et devint duc de Poméranie dans la marche de Dantzig, fondant ainsi dans la Léchie une principauté nouvelle.
BOLESLAS V LE CHASTE.
1:137-1:179.
La minorité du fils de Leszek , Boleslas V, fournit de nouveau une occasion aux passions d'éclater. L'oncle du jeune prince, le duc de Mazovie, et son cousin germain, Henri le Barbu , duc de Silésie, convoitaient chacun de leur côté la tutelle, à laquelle se rattachait la régence. Ils en vinrent à une lutte ouverte, et, quoique vainqueur dans deux combats, Henri se laissa surprendre et fut fait prisonnier par le rusé Conrad, qui s'empara ensuite de la régence. Mais son esprit tout d'intrigue ne pouvait guère parvenir à éteindre les discordes une fois allumées, et les grands, à qui son caractère vindicatif était insupportable, et qui voulaient gouverner euxmêmes sous le nom du jeune prince, proposèrent d'émanciper Boleslas, à peine âgé de douze ans. Voyant cela, Conrad voulut le faire périr ( 1233), et Boleslas dut s'enfuir en Silésie auprès du duc Henri; ce dernier le ramena à la tête de ses armées dans le royaume. Le traité conclu à Plock en 1237 rendit le sceptre à Boleslas et donna la régence au duc de Silésie.
Deux ans après (1239), Boleslas, à sa majorité, épousa la fille du roi de Hongrie , Cunégonde, princesse pudique et pieuse jusqu'à l'excès. Soit comme épreuve ou bien comme œuvre agréable au ciel, elle exigea de son époux l'engagement assez singulier qu'aucun rapprochement n'aurait lieu entre eux avant une année de mariage
(*) Naruszewicz, Histoire de Pologne.
accomplie; Boleslas, assez froid luimême , y consentit, et ce pacte, renouvelé d'année en année, dura autant que leur union à tous deux. Le surnom de Chaste en resta à Boleslas, qui, sous d'autres rapports, n'était nullement le souverain qui convenait à la Pologne. L'époque critique où il parvint au pouvoir rendait nécessaire a la nation un monarque énergique et capable, dont l'esprit sût entreprendre et la main vaincre; mais loin de là, l'apathie et la nullité de Boleslas rendirent encore plus précaire la situation du royaume.
Pendant que les terres russiennes se trouvaient inondées par les hordes tatares et en proie à leurs ravages, la Pologne se voyait également menacée dans sa puissance. Les chevaliers teutoniques et les chevaliers du glaive réunis (*) s'arrogèrent des droits sur
(*) Dans le douzième siècle, Meinliardus se rendit avec des marchands de Brème en Livonie, afin d'y prêcher la foi chrétienne. En récompense de sesefforts, le pape Alexandre III le nomma (1170) évêque des pays nouvellement converlis par lui. Son successeur, Albert de Buxhoff, obtint (1204) du pape Innocent III la permission d'instituer en Livonie, sous le nom de Chevaliers du glaive, une milice religieuse dont la mission serait de combattre les païens opposés à la parole de l'Évangile. Elle portait une longue robe blanche, avec deux glaives rouget brodés sur la poitrine; et les empereurs d'Allemagne la dotèrent de tous les privilèges et prérogalives accordés à l'ordre teutonique. Son premier grand maitre fut Winno de Rhorbach.
Dans l'origine, l'ordre des chevaliers du glaive relevait du pouvoir épiscopal de Riga, auquel il devait sa creation; mais trop faible pour repousser ses ennemis, le grand maître Wolkin Schenken de Winterstadt le réunit en 1234,avec l'approbation deGrégoire XI, à l'ordre teulonique de Prusse, dont il se reconnut tributaire. Cette union dura jusqu'en I5i3, où l'indépeudance des chevaliers du glaive fut rachetée par le quaranteunième maître livonieu Walter de Plestenberg. Le dernier grand maître de cet ordre fut Gothard Ketller, qui soumit entièrement et céda la Livonie à la Pologne par les Pacta subjectionis dressés (i56i) entre les mains
les pays voisins, et instituèrent dans leurs possessions une suprématie fanatique et sanguinaire. Les Prussiens qui résistaient à la loi de l'Ordre étaient brûlés vifs, et ce despotisme révoltant ne fut tenu en échec que par le duc de Poméranie Swientopelk et son fils Mestwin; seuls ils luttèrent pendant douze années contre ces moines envahisseurs.
INIT.UEXCE DU GERMANISME EN rOLOGNE. LOIS DE MAGDEBOURG.
Avec l'admission des chevaliers teutoniques, déjà si dangereuse pour le pays , l'influence de l'Allemagne devint de plus en plus grande, et prit son appui dans les fréquentes relations entre les deux peuples. Les guerres ayant ruiné les princes léchites , ils se virent forcés d'emprunter de fortes sommes aux Allemands, et de leur abandonner en échange, comme garanties , certaines terres et villes. Par suite, le nombre des Allemands s'accrut rapidement en Silésie et dans la Léchie; il dépassa même dans plus d'une cité celui des nationaux; et la Luzace presque entière, Krosno, Lubusz, Santok, firent bientôt partie des domaines engagés.
Ces colons étrangers contribuèrent, par leur industrie et leurs mœurs honnêtes , à la prospérité des villes confiées à leurs soins; aussi, forts d'un tel résultat et de leur accroissement prodigieux, ils sollicitèrent la faveur d'être régis par les lois allemandes et teutoniques en vigueur en Saxe ou à Magdebourg, ce qu'ils obtinrent (1250). Les villes pour lesquelles cette faveur fut accordée et qui se formèrent en espèces de républiques, élisaient leurs administrateurs et disposaient ellesmêmes de leurs revenus. Magdebourg donna son nom aux lois qui gouvernaient la grande Pologne et la petite Pologne, tandis que celles de Lubeck
de Sigismond Auguste; il devint en i56a duc de Kourlande et gouverneur polonais de la Livonie. ( J. Lelewel, Histoire des rois polonais.)
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