Oeuvres complètes, Volume 1 (Google eBook)

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Colnet, 1808
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Popular passages

Page 42 - ... mais chacun, selon la double différence de son genre et de son caractère, les exprime différemment. Le pinceau de Molière doit être plus énergique et plus ferme, celui de La Fontaine plus délicat et plus fin. L'un rend les grands traits avec une force qui le montre comme supérieur aux nuances : l'autre saisit les nuances avec une sagacité qui suppose la science des grands traits. Le...
Page 42 - Le poète comique semble s'être plus attaché aux ridicules et a peint quelquefois les formes passagères de la société; le fabuliste semble s'adresser davantage aux vices, et a peint une nature encore plus générale. Le premier me fait plus rire de mon voisin, le second me ramène plus à moi-même.
Page 80 - ... quelquefois réelle , les artifices de la composition la plus savante ; fit ressembler l'art au naturel, souvent même à l'instinct; cacha son génie par son génie même ; tourna...
Page 46 - Boileau, la plaisanterie au secours d'une raison sévère, ni cette dureté misanlhropique de La Bruyère et de Pascal, qui, portant le flambeau dans l'abîme du cœur humain, jette une lueur effrayante sur ses tristes profondeurs. Le mal qu'il peint, il le rencontre : les autres l'ont cherché.
Page 8 - On ne voit point qu'une grande idée philosophique, une vérité mâle, utile à la société, ait présidé à l'ordonnance de leurs plans.
Page 46 - L'amour, cet objet de tant de déclamations, Ce mal qui peut-être est un bien , dit La Fontaine, il le montre comme une foiblesse naturelle et intéressante. Il n'affecte point ce mépris pour l'espèce humaine , qui aiguise la satire mordante de Lucien, qui s'annonce hardiment dans les écrits de Montaigne , se découvre dans la folie de Rabelais, et perce quelquefois même dans l'enjouement d'Horace. Ce n'est point cette austérité qui appelle, comme dans Boileau, la plaisanterie au secours d'une...
Page 254 - Ne croyez pas que mon amitié diminue : vos services continuant, cela ne se peut; mais il me les faut rendre comme je le désire , et croire que je fais tout pour le mieux. La préférence que vous craignez que je donne aux autres ne vous doit faire aucune peine.
Page 37 - Ésope et Gabrias dans la Grèce , revêtirent la vérité du voile transparent de l'apologue ; mais le récit d'une petite action réelle ou allégorique , aussi diffus dans les deux premiers que serré et concis dans les deux autres , dénué des charmes du sentiment et de la poésie , découvroit trop froidement , quoique avec esprit , la moralité qu'il présentait.
Page 43 - L'un semble avoir vu les ridicules comme un défaut de bienséance, choquant pour la société; l'autre, avoir vu les vices comme un défaut de raison, fâcheux pour nous-mêmes. Après la lecture du premier, je crains l'opinion publique; après la lecture du second, je crains ma conscience.
Page 78 - Il reçoit des bienfaits : v il en a le droit, car il rendroit tout sans croire s'être acquitté. Peut-être il est des âmes qu'une simplicité noble élève naturellement au-dessus de la fierté, et, .sans blâmer le philosophe qui écarte un bienfaiteur dans la crainte de se donner un tyran, sait se priver, souffrir et se taire...

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